vendredi 20 novembre 2009
jeudi 19 novembre 2009
750. patraque et tac au tac
mercredi 18 novembre 2009
749. albin patraque
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mardi 17 novembre 2009
748. altermondialbiniste
lundi 16 novembre 2009
747. viralement correct
dimanche 15 novembre 2009
746. albin ouiquende
vendredi 13 novembre 2009
745. minute papillon
jeudi 12 novembre 2009
744. cyprinus carpio
mercredi 11 novembre 2009
743. définitions
mardi 10 novembre 2009
742. retour au dictionnaire
ou plutôt l'Arbre (p. 94) et successivement les Bestiaux (p. 178), le Ciel (p. 314), le Commencement (p. 342), Dieu (p. 538), la Femme (p. 768), l'Homme (p. 934) qui a changé de position, derrière elle maintenant, le Luminaire (p. 1138), le Poisson (p. 1472), Poisson qui entre parenthèses vient après le Fromage (p. 831) qui lui-même vient après le Dessert (p.519), la Terre (p. 1947), la Verdure (p. 2077) pour finir, quel ordre adopter, celui de la Bible, celui du Robert ?
lundi 9 novembre 2009
741. retour progressif au dictionnaire
dimanche 8 novembre 2009
740. albin dimanche
samedi 7 novembre 2009
739. du mou dans le bit
vendredi 6 novembre 2009
738. sound system
jeudi 5 novembre 2009
737. entre les pages du dictionnaire
mercredi 4 novembre 2009
736. autoportrait au dictionnaire ouvert
mardi 3 novembre 2009
735. entre les pages du dictionnaire
lundi 2 novembre 2009
734. le dictionnaire (4)
dimanche 1 novembre 2009
733. albin ouiquende
Je viens d'écrire infinie. Je n'ai pas intercalé cet adjectif par entraînement rhétorique ; je dis qu'il n'est pas illogique de penser que le monde est infini. Le juger limité, c'est postuler qu'en quelque endroit les couloirs, les escaliers, les hexagones peuvent disparaître -ce qui est inconcevable, absurde. L'imaginer sans limites, c'est oublier que n'est point sans limites le nombre de livres possibles. Antique problème où j'insinue cette solution : la Bibliothèque est illimitée et périodique.
pioche n°2.
Car on était dans l'époque où la croyance littéraire commençait à évincer l'autre croyance, la vieille et grande, à la reléguer dans son petit moment historique et son petit espace, le règne de Tibère, les oliveraies du Jourdain, et à prétendre que c'était dans son espace à elle, les pages de roman, les bouts-rimés anacréontiques, que daignait apparaître l'universel.
vendredi 30 octobre 2009
732. entre les pages du dictionnaire
Entre les pages du dictionnaire, vieilles photos, vieux tickets de métro, de cinéma, d'entrée à Charléty et au Musée Bonnat, plus une page de calepin sur laquelle on a griffonné :
Albin reste fidèle à ses métamorphoses.
Albin, deux définitions parmi d'autres :
1. Enchevêtrement de présupposés.
2. Entrelacs de préjugés.
Quoi qu'il fasse, métamorphose, repas, prise de notes ou jogging, Albin toujours ce faisant se demande s'il pourra en venir à bout car il viendra, inévitable, le quoi qu'il n'achèvera pas ; alors, plus que finitude, plus et mieux, infinitude lui paraît définir sa condition.
jeudi 29 octobre 2009
731. le dictionnaire (3)
mercredi 28 octobre 2009
730. le dictionnaire (2)
Donc l’enfance.
Pour autant ni chronologie ni même anecdote. Aucune tentation de cet ordre, au contraire. L'enfance au goût d’éternité, imperméable à l’histoire et au temps.
L’enfance, sa Trinité : le Père, le Fils, le Dictionnaire.
Le Père sait. Celui d’Albin saurait tout des oiseaux. Enfant il les persécute, les traque et les chasse, les déniche.
La pulsion funeste insensiblement vire à l’observation bienveillante. Il leur confectionnera des abris, les nourrira, des heures durant s’oubliera en silence immobile, attentif à leurs gestes, à leur moindre habitude, à leurs goûts leur comportement, querelles, approches, effrois.
Apprend à distinguer de chacun le chant. À le reproduire à la perfection.
Et puis surtout, il connaît leur nom. Le nom familier, certes, pas le nom savant. Un nom parfois marmonné dans un sabir inaccessible, mais tout de même, il connaît leur nom lui qui par ailleurs ne sait rien des mots, si peu. Il n’a pas fréquenté l’école ou pas longtemps, pas régulièrement.
Pourtant les mots, il les aime. Autant que les oiseaux peut-être davantage. Mais ils lui sont d'un autre monde, insaisissables, plus que le merle, que le loriot.
Il les approche avec prudence, respect, presque déférence. Se méfie de lui, de sa maladresse. De son ignorance. En aucun cas ne voudrait les trahir.
Alors le dictionnaire.
(À suivre...)
mardi 27 octobre 2009
729. le dictionnaire (1)
lundi 26 octobre 2009
728. albin à la corrida (6)
Suite et fin
Résumé des chapitres précédents en bref inventaire : une corrida, des revues sportives, un article sur une corrida, dans l'armoire vitrée une photographie de corrida.
Fin du chapitre précédent : L’habit se fait gênant, le corps transi s’en désolidarise. On sent l’humidité, on sent l’humanité. On se retourne.
La mèche aussi s'est retournée. Exclue du camp rouge elle adhère au front, désormais, tombée bien bas. Hors de la capuche du K-Way pendouille jusqu’au nez et même frôle la bouche, sa mèche à elle, elle à la droite d'Albin dans un K-Way rouge détrempé, elle qui en douceur, ou brutalement, c'est selon, tire après sa manche à lui.
Elle mouillée de partout le sourire aux lèvres, quel spectacle n'est-ce pas, encore émerveillée.
Ou bien.
Elle colère et dépit prend conscience ici sous la pluie qu’elle n’a jamais vraiment aimé la corrida, pourquoi l’avoir accompagné encore une fois ne comprend pas, qu’est-ce qui lui a pris ne le sait pas.
On attend quoi, pour sortir ? Tu as vu mes cheveux? Et dire qu’il reste encore deux heures de route.
Deux heures ? Plutôt le double, avec ces trombes. Sur la nationale ça ne s’arrange pas alors on bifurque, la D 123, pour voir, ce n’est pas mieux. Histoire de couper, quoi on ne sait pas trop, le temps, l’ennui, autre chose insécable autant, on s’arrête chez Bob, à l’improviste. Accueil chaleureux comme toujours, je vais chercher une bonne bouteille.
Luminoso, Lastimado, lui raconter tout avec enthousiasme, tout jusqu’à de ce cercle, invisible, ni Lastimado ni Jose Tomas ne le mordraient, ne le mordront, ne l'auraient mordu, dans l'empressement s'y perdre, se perdre dans les temps, le lui dire avant même que Francis Marmande ne le fasse (Le Monde est un journal du soir, il faut attendre ici le matin du surlendemain pour prendre connaissance des événements du jour).
Oh moi tu sais, fait Bob négligemment, suggérant par là qu'il n'est pas aficionado. Son commentaire, très peu technique, on pouvait s’y attendre, c’est qu’en retour le cercle ne les mordra pas non plus, du moins c’est son avis conclut-il et sourit, montre d’un signe de tête la bouteille et les verres, sur la table basse :
- Tu veux bien servir, tu le fais mieux que moi.
Albin se retourne, deux verres ? pourquoi deux? regarde autour de lui, personne, Bob et lui, personne d'autre, où sera-t-elle passée ? Albin cherche, l'œil bientôt distrait par ces collections, dépareillées, Miroir du Football, du Rugby, du Cyclisme, Bob le remarque, se sent obligé d'expliquer, l'air gêné, qu'il tient ces magazines de son père, passionné de sport.
Sur une pile, Albin surpris découvre un vieil exemplaire du journal Le Monde et cet article, de Francis Marmande, qu'accompagne une photo de Bernard Hirribaren.
Son regard va et vient de la pile à Bob, de Bob à l'article, Albin s'interroge, Bob en silence le suit des yeux avec cette expression, toujours la même, à la fois malicieuse, embarrassée.
Fin
dimanche 25 octobre 2009
727. albin dimanche
samedi 24 octobre 2009
vendredi 23 octobre 2009
725. albin à la corrida (5)
Obtenir le duplicata d'un cliché paru dans un quotidien, quel qu'il soit, sur papier mat, brillant, comme on préfère, au format voulu, rien de plus facile, il suffit de passer commande, d’acquitter les frais afférents et d'attendre, le délai dépasse rarement un mois. Et nul besoin d’être aficionado pour apprécier les images de taureaux, de matadors, de corrida. En principe. Dans les faits, seul lui s’en montrera friand et dès réception scotche, encadre, placarde et punaise, d’une manière ou d’une autre expose.
Près du cheval de cristal bleu, au-dessus du service de vaisselle Luminarc, signée Bernard Hiribarren elle est là, cadre vieux rose incrusté de nacre, aux motifs incertains plus ou moins fleuris, format A4, papier glacé, à l'intérieur de l’armoire vitrée la photo, la même qui accompagnait l'article de Francis Marmande, dans ce vieux numéro du journal Le Monde, un bel article, une belle photo, on s’y croirait, qui n’a jamais vu de corrida en lisant l'un, en voyant l'autre, s’imaginerait dans les gradins, c’est le cas d'Albin.
En voyant l'une en lisant l'autre il entendrait la pluie, dans le lointain, elle redouble. Tout est terminé. Il faut partir, on reste, on reste là, assis, sourire aux lèvres, œil dans le vague, insoucieux du ciel, d'une veste et d'un pantalon plus lourds qu’un habit de lumière, gonflés, raidis, qui dégoulinent, avec lesquels il faudra marcher du même pas, tout à l’heure, pactiser. On n'y pense pas, encore au paradis avec Lastimado, Jose Tomas, de la pluie diluvienne seul parvient le chant, le rythme, l'un s'amplifie, l'autre s'accélère, l’arène n'est plus l'arène mais une conga, la pluie bat la samba, Dax a pris des couleurs, du piquant, de l’ampleur, l’Adour du volume et danse, roule, tonne, charrie, pas trop charrier quand même, doucement les basses.
Au paradis on ne sent pas son corps, ou à peine. Juste un peu le bras, dans un rêve, le bras droit. Un bras droit maintenant secoué ferme, de plus en plus ferme. L’onde gagne l’épaule, fait vibrer le dos, le cou, la tête. L’habit se fait gênant, le corps transi s’en désolidarise. On sent l’humidité, on sent l’humanité. On se retourne.
(À suivre...)
jeudi 22 octobre 2009
724. albin à la corrida (4)
Des collections dépareillées de Miroir du Football, du Rugby, du Cyclisme, de l'Athlétisme, plus loin, en tas épars, L'Équipe et Midi Olympique, France Football, Planète corrida, Toros, sur une pile désordonnée de revues, magazines et journaux sportifs, un exemplaire du quotidien Le Monde daté du 13 septembre 2002 et cet article, Francis Marmande y raconte la course, quelques jours plus tôt, à Dax, un mano a mano, deux matadors affrontent six taureaux, lui réunit pêle-mêle dans le temps zélé du récit des naturelles idéales, le poignet qui aimante un taureau venu de loin pour s’enrouler autour de l’homme à le toucher, une grande estocade, l'unique oreille accordée par une présidence souvent trop généreuse par ailleurs et ce cercle, invisible, ni l'un ni l'autre, matador et taureau, ne le mordront.
Signée Bernard Hiribarren, une photographie accompagne l’article, on en retrouverait la copie sur l'étagère, dans l'armoire vitrée, grand format, papier glacé. Cadrage plutôt classique. Premier plan équilibré, homme et taureau pendant la faena. Par contre, l'arrière-plan surprend et même choque, et le talent d’Hiribarren n’est pas en cause, le public au premier rang oui, ce parapluie multicolore, ces K-Way, surtout les K-Ways, certes il pleut, pour pleuvoir il pleut mais le parapluie, déjà le parapluie, alors le K-Way, le K-Way ici (Albin voit furtivement sur la photographie un matador en K-Way de lumière et casquette de base-ball).
Heureusement les couleurs, de plain-pied dans un film de John Ford on en oublierait les K-Ways, John Ford ou Howard Hawks, un de ces décors en Eastmancolor et le sable entre l’ocre et le bistre, le jaune d’argent des vitraux, le safran moulu du bas des façades, d’autour les portes et les fenêtres d’une Lisbonne suave, décadente, et des barrières grenat, un grenat lourd, compact, coagulé, qui sans les bandes au blanc de chaux serait irrespirable, barrières comme des limites horizontales entre ici et là-bas, là-bas les K-Ways, ici l'habit de lumière or et gris, pourpre cardinalice, sur lequel l’eau, l’instant, tout glisse, imperméable à la circonstance, ici la muleta aux plis épais, brun figé, un bout d’épée qui apparaît sans luire, heureusement les couleurs, des couleurs peut-être pas fidèles, peut-être pas réalistes pour un sou, rien à voir peut-être avec celles de Dax, ce jour-là, qui restituent la grâce mieux que les vraies.
Le geste, enfin. Pas le mouvement, il n’y en a pas. L’homme et le taureau ? des statues. Juste quelques paquets de sable en suspension, poisseux, piégés par la pluie, juste la patte avant gauche à peine floue, parallèle à la patte arrière, parallèle au bras de José, parallèle à l’encolure.
Parallèle au museau de Lastimado, au torse incliné de José Tomas, l’étoffe au bout du bras droit tendu, déployée sous la lame, elle retombe sans hâte, par coulées à peine empesées, un drapé sanglant, Francis Marmande en cinq mots résume le tableau, une passe limpide, parfaitement templée, des mots d'aficionado.
(À suivre...)
mercredi 21 octobre 2009
723. albin à la corrida (3)
Les prévisions sont des prévisions, elles valent ce qu’elles valent dans l'attente et seulement dans l'attente, on ne se mesure pas au réel. Quand il s’alourdit, c’est son mystère, en fait, qui s’épaissit : le ciel reste à jamais imprévisible.
La preuve. L’après-midi semblait devoir finir comme il avait commencé, ennui, encore et toujours ennui, et voilà, Luminoso fait son entrée. Déjà le nom, Luminoso, Lumineux, tout un programme dans la nuit précoce. Pas de mauvais cinquième, dit l’adage, Lumineux porte le numéro 77, il est noir (avec de-ci de-là quelques traces claires), il pénètre en cinquième position dans l’arène, sur la bascule il affichait 482 kilos, sans doute un peu moins à cette heure, la météo, le stress, les conditions en général, les amateurs dont le regard redescend du ciel sur la terre, du noir sans espoir au ruedo boueux où se pétrit le petit miracle, boueux car il pleut, les prévisions n’étaient pas si fausses, il pleut des cordes mais les prévisions, la boue, les cordes, Lumineux les fait oublier, à défaut de mater l'émotion ils maîtrisent le jargon les amateurs diront de lui qu’il est sérieux, d’une grande noblesse, noteront qu'il est né un mois de mars de l'année 1998, le vendredi 13, son jour de chance à lui Ponce le tient, là, aujourd'hui, par quatre fois le genou à terre, doblones de rêve pour certains, de haute facture pour d'autres, mais pas seulement, ça, le reste, tout vaut, le grand jeu, Enrique pour certains, Ponce pour d'autres, le matador finit par un travail de maître à la muleta, une estocade nette, droit au coeur. Deux oreilles.
Le meilleur est à venir, il sera pour José Tomas. Lastimado est noir (sans traces claires), il a vu le jour le 14 avril de la même année, la même année que Luminoso, exactement un mois et vingt-quatre heures après, son nom signifierait Blessé, au propre ou au figuré, qui pourrait le dire, on n'en sait pas davantage et qu'importe. Lui et Jose Tomas seront parfaits sous le déluge.
(À suivre...)
mardi 20 octobre 2009
722. albin à la corrida (2)
Dax, et en bout de Parc Théodore Denis, les arènes. À proximité de l’Adour, donc. De l’Adour et du Parc des Sports. Pas si loin de l’Hôtel de ville, des Thermes, du Centre commercial Carrefour, sa galerie marchande, cinquante-sept boutiques sans compter les bars et les restaurants, la cafétéria. Pas loin non plus de l’hôpital.
L’Adour, le Parc des Sports, l'Hôtel de ville et Carrefour, le matador ne leur accorde pas un regard avant, pas une pensée pendant la corrida, il s’en bat l’œil le matador. Les Thermes à la rigueur, couloir de marche, bains de boue, douche en immersion, jet, vapeur, régime et repos, remise en forme, l'automne ici est hospitalier, dit-on, pourquoi pas quelques jours de farniente, les Thermes on verra plus tard. Mais l’hôpital, aïe.
Hôpital est un mot que par superstition il évite, persuadé en l’ignorant d’échapper aux couloirs sinistres, au gerflex, au chariot grinçant, à la civière d'acier inoxydable, au plafond blafard, le rayonnement captieux de cette insidieuse lumière scialytique qui enveloppe, adoucit, atténue, entortille, s'en prend pour commencer à l'ombre et l'escamote, histoire de lui mâcher le travail, à l'autre, en chien fidèle, fidèle complice du trou noir qui engloutit, goulûment dévore l'univers spectral, impitoyablement avale le monde et soi, en sortir ? qui sait où et comment, quand (si dans sa mansuétude Dieu veut bien qu'on s'en sorte), le matador n’en démordra pas, catégorique refuse de distinguer la chose du mot, pas question de nommer, prête à bondir la chose n’attend que ça, tapie, redoutable, plus qu'un Miura. L’hôpital, motus.
Pourquoi est-ce qu'on en parle, d’ailleurs. Ah oui, les arènes. Les situer. En vérité toute cette histoire de voisinage ne présente aucun intérêt. C’est simplement parler pour ne rien dire étant donné que les arènes sont à proximité de tout. À Dax, tout est à proximité de tout. Bayonne n’est pas si grande, mais les Arènes dominent, un site privilégié au coeur d’un quartier chic retiré, portant leur nom, et dont le jour venu on interdit l’accès, comme on le fait ailleurs pour un sanctuaire. À Dax, rien de tout ça. Des arènes à un jet de pierre de tout, à plat et proches, trop proches. Inutile, alors, de faire mention comme d'une information cruciale de la présence ici ou à côté de ceci, de cela.
Dans la semi-obscurité des arènes de Dax il est sept heures, et on en est réduit à ça : parler pour ne rien dire, lever les yeux au ciel, un ciel noir couvert, menaçant, se résigner à voir les prévisions réalisées.
(À suivre...)
lundi 19 octobre 2009
721. albin à la corrida (1)
Bayonne on en viendrait. Après Saint-Jean-de-Luz, Biarritz. Quelques jours de congé sur la Côte à l’occasion des courses de septembre, une habitude, quatre ans déjà, peut-être cinq, Dax sur le chemin du retour ou tout comme et les mois en r, r comme rien, zéro corrida pour les quatre à venir alors on se dit, une dernière avant le désert pourquoi pas, d'autant que deux grands noms pour un défi, sur le papier c'est alléchant, on se laisse tenter.
Et puis on regrette. Un mano a mano ? Pas forcément une mauvaise idée. En fin d’une saison chargée ça se discute. La proximité de la trêve attise la peur, la cornada de la dernière ligne droite c’est peu dire qu’il la craint, le matador, peu dire qu’ils y vont prudemment, Ponce et Tomas, face à des Zalduendo conciliants, d'humeur désespérément nonchalante. Tout se traîne ici. À deux pas l'Adour, presque un lac.
Donc Dax, six heures et des poussières, des regrets.
(À suivre...)
dimanche 18 octobre 2009
720. albin dimanche
samedi 17 octobre 2009
719. l'aventure de l'écriture
vendredi 16 octobre 2009
718. littérature et plan
jeudi 15 octobre 2009
717. présence automnale
vu mais pas pris
Des témoins dignes de foi l'ont vu femme ici, là enfant, ailleurs escargot, sapin, caillou, poussière, figue ou ver de terre, feuille morte, Albin en passe et rassuré sourit, conforté dans son doute.
à peu près
Impressions, émotions, sensations réputées indicibles, les traduire par des mots ? rien à faire, macache -espaces, blancs, silences, passagers clandestins du langage, suspens, attente, intonation, malgré tout exprimées, à peu près nommées.
plus ou moins
L'automne, feuilles rouges et souvenirs, il y a cent ans, cent cinquante ans peut-être, Albin disait non à un mort.
mercredi 14 octobre 2009
716. c'est l'automne
mardi 13 octobre 2009
715. le diable est dans les détails (variante)
Albin se demande ce Paul-Ba, qui peut-il bien être ? ne voit pas et s'inquiète, perdrait-il la mémoire comme se perd la littérature ? ce type pond un roman je parie qu'il n'a jamais lu un manga jusqu'au bout pauvre siècle, plus d’écrivains que de lecteurs, de livres que d’auteurs, de couvertures que de feuillets, de blancs que d'encre d’interlignes que de lignes interlopes d’alphabets que de lettres de lettres que de caractères de voyelles sourdes que de consonnes muettes, mmm, s’interrompt-il, il a croqué dans la baguette, mmmm, les nouveaux boulangers font une pâte, mmmmm, encore plus savoureuse que les anciens, finalement j'avais tort d'avoir peur du changement de propriétaires.
Plus tard, à son bureau, calé dans son fauteuil, promenant distraitement sur les dents le bout de la langue, retrouve le goût du pain et sa réflexion sur le goût du pain, écrivain chevronné sent immédiatement le parti qu'il peut en tirer, décide de l’intégrer au présent billet mais donnez-lui ci elle veut ça la remarque prend fissa toute la place, noircit la page entière du calepin pendant que dans la bouche se mêlent feu de bois patiemment activé, farine interminablement broyée, levain délicatement tiédi, forêts dressées, champs de blé par le vent balayés, sifflet joyeux du mitron ses mains sans relâche à pétrir, la campagne s’ébroue, la ville bâille et s’étire, la petite boulangère bien cuite votre baguette Monsieur Albin ? un monde entier dans son palais, le monde, le vrai, goût d’authentique plein les papilles linguales comme on est loin grands dieux des mots et de leur artifice, de leur vanité, des méchants clichés délétères, respirer, enfin respirer...
Exaltation. L’haleine purifiée Albin retranscrit tout, tout au détail près. Écrit inspire, écrit expire, écrit respire à pleins poumons, écrit écrit écrit... un souffle neuf anime la littérature.
(Au détail près ? Seul point noir le nom du bonhomme, ce type, croisé près de la boulangerie : rien aux quatre coins de la caboche, que dalle au fond du carafon et sur sur le bout de la langue, des clous.)
lundi 12 octobre 2009
714. le chat et les rats (fable)
Évolution,
D'autres rappellent les inventions simultanées de la roue et de l'écriture, en déduisent le primat de l'homme, plus que tous dilué dévidé délocalisé toujours plus toujours mieux et loin par la technique et la technique du gribouillis.
À l'évolution qui projette hors de, éloigne de soi, eux préfèrent le rester soi-même ici à jamais ; le colimaçon qui conjugue hélice et bouger minimal à ce titre a leur faveur -sous la forme fossile pour les plus radicaux, soit l'ammonite planispiralé, dont le tube ne se déroule pas mais s'enroule autour de lui-même et sur un même plan, double économie de mouvement).
Pierre qui roule, objectent ceux-là et prennent le parti de la mousse, de la bulle par extension, version sophistiquée de la roue.
Sophistiquée donc sophistique, brisent les empêcheurs d'évoluer en rond.
Qui mieux que lui aurait pu :
Ventre rond, Raminagrobis dans un ronron s'enroule, rats de bibliothèque tout cru croqués.
dimanche 11 octobre 2009
713. albin dimanche
Mais à condition de ne jamais
recommencer.
samedi 10 octobre 2009
712. contrefaçon
vendredi 9 octobre 2009
711. dans la cafetière
jeudi 8 octobre 2009
710. rhétorique
mercredi 7 octobre 2009
709. autoportrait au bolet (2)
mardi 6 octobre 2009
708. autoportrait au bolet (1)
lundi 5 octobre 2009
707. en vitesse (notule apéritive)
dimanche 4 octobre 2009
706. albin dimanche
samedi 3 octobre 2009
705. ésotérisme et bolet bronzé
vendredi 2 octobre 2009
704. des deux manières
jeudi 1 octobre 2009
703. du rab de devise
mercredi 30 septembre 2009
702. autoportrait à la devise
mardi 29 septembre 2009
701. autoportrait chiffré à la 6-4-2
lundi 28 septembre 2009
700. repères
dimanche 27 septembre 2009
699. albin dimanche
À défaut de transparence Albin qui ne s'appelle pas Claire vise à une écriture translucide et pioche.
samedi 26 septembre 2009
vendredi 25 septembre 2009
697. albin est-il
jeudi 24 septembre 2009
696. chambre claire
mercredi 23 septembre 2009
695. droits d'auteur
Droit de Tromper sa Femme sans être Photographié dans les Journaux Droit de Coucher avec une Prostituée Droit de Faire l'Amour sans Préservatif avec des Personnes Acceptant de Courir ce Risque Droit de Grignoter entre les Repas Droit de Fumer une Cigarette en Avion Droit de Mourir dans la Dignité Quand on est Atteint d'une Maladie Douloureusement Incurable Droit de ne Pas Manger Cinq Fruits et Légumes par Jour... en entendant à la radio l'auteur en vogue, sa litanie des Droits qui selon lui vaudraient de figurer dans le Préambule de la Constitution dans cette attente patientent page 97 de son dernier livre, Albin sent monter ces saveurs mêlées, douceur du secret, âpre du clandestin, délicieux douloureux tragique capiteux tourmenté du pêché et conventions pour conventions rêve interdits, prohibition.
mardi 22 septembre 2009
694. albin fait son critique
lundi 21 septembre 2009
693. albin se fait son cinéma...
Bob et Albin attablés.
Main hors champ. Deux bouteilles vides sur la table.
Bob qui mange.
À sa droite une chaise inoccupée : Albin a disparu.
dimanche 20 septembre 2009
692. albin dimanche
Il se régale de toutes ces choses effroyables et bien atroces qui brinquebalent dans sa caboche, pensant en tirer profit pour une page, un poème, une note...
L'heure de la feuille blanche le trouve le crâne creux, vidé de toute émotion. Il connaît !... Insaisissables, les bandits voleurs de mots sont venus qui ont tout emporté !
samedi 19 septembre 2009
vendredi 18 septembre 2009
690. spectacle permanent (de l'impermanence)
jeudi 17 septembre 2009
689. Albin in love
mercredi 16 septembre 2009
688. Albin amoureux
mardi 15 septembre 2009
687. trois petits tours et reste là
lundi 14 septembre 2009
686. autoportrait en paraphrénique
une histoire qui n'en est pas une, venue on ne sait d'où, hors du temps et du reste, une histoire sans histoire autrement dit un mythe
dimanche 13 septembre 2009
685. albin dimanche
pioche n° 1.
Si, tandis qu'un Emanglon fête chez lui quelqu'un, une mouche entre dans la pièce où ils se trouvent, l'invité, fût-il son meilleur ami, se lèvera et se retirera aussitôt sans dire un mot, avec cet air froissé et giflé qui est inimitable.
pioche n° 2.
Et si vous vous exercez avec sérieux à cet art : observer l'âme d'un homme à l'instant où elle s'ouvre, vous prolongerez de plus en plus l'instant de cette ouverture et vous la rendrez de plus en plus profonde, de sorte que vous pourrez chasser en lui les yeux ouverts, comme dans l'eau. C'est ainsi qu'on devient chasseur de rêves.
samedi 12 septembre 2009
684. ailleurs (2)
vendredi 11 septembre 2009
683. ailleurs (1)
jeudi 10 septembre 2009
682. identité
mercredi 9 septembre 2009
681. amour
Après les poux les puces les morpions, attouchements et baisers, succion, les tiques ont mis le grappin sur sa pomme, chatouilles plein les bras les mouches ont débarqué, des papouilles partout, le nez, les yeux, le visage, le corps entier, le soir tombe et voilà les moustiques, moustiques ô doux amis, moustiques ô tendres cœurs, vos bécots tardifs, la saison des z'a qui n'en finit pas, serait-ce le réchauffement ou quoi?
Ça pour l'apparence. Parce qu'à l'intérieur, du cap aux orteils, du toxoplasma qui lui prend le chou, l'ankylostome lui c'est son pied, ascaris tænia oxyures trichocéphales anguillules schistosome filaires et douves, tous en dépit de son physique ingrat et dans le septième les cafards pullulent, la vermine au complet, comment l'expliquer tous le veulent, tous l'ont dans la peau tous se le disputent, se cramponnent, le collent, pas un qui aurait l'idée de le lâcher, le désirent se l'arrachent, le lèchent le suçonent le savourent le pompent, le dévorent le vident, en redemandent et passionnément l'aiment, l'aiment, l'aiment, ah comme ils l'aiment tous et les bactéries, hyènes de l'amour et pas des moindres.
mardi 8 septembre 2009
680. conditionnellement
lundi 7 septembre 2009
679. Jedem das Seine
dimanche 6 septembre 2009
678. albin dimanche
samedi 5 septembre 2009
677. pioche et grippe A
vendredi 4 septembre 2009
676. in illo tempore : du changement dans la métamorphose
jeudi 3 septembre 2009
675. écrire et puis après
Ici une précision. La veille, tard dans la nuit, réveil en sursaut, Albin précipitamment fonce chez le photographe le plus proche, tambourine à sa porte, lui fait ouvrir boutique, s'explique, Millot a un catalogue dans lequel figure en marge de la liste des ouvrages édités la photographie des auteurs, enfin des plus grands, dit l'urgence et ce qu’il lui faut, au poil près, dans quel but et à quel usage, dans quel esprit, Studio Harcourt, Richard Avedon, Depardon, Richter, Thomas Ruff, de Vinci, Pierre Besson, par quels moyens, argentique, noir et blanc, colorisation, éclairage et fond, sensibilité, ouverture, aplats, profondeur de champ, dripping, scarifications, avec force détails, l’homme en est sur le cul, littéralement impressionné, les professionnels n'apprécient pas l'indécision, préfèrent que le client soit fixé pense Albin intérieurement et part d’un grand rire, il a pris conscience de ses deux jeux de mots bien involontaires, on ne se refait pas lance-t-il à l'intention du photographe qui le dévisage, sourcils incrédules.
mercredi 2 septembre 2009
674. écrire, dit-il
Devant le septième douillet un de ces véhicules de travaux publics fermement calé le long de la chaussée qui peut, grâce à un ingénieux dispositif, hisser une nacelle à hauteur respectable, ici celle du lampadaire dont il s’agit de remplacer le néon. Sujet au vertige, le bas du ventre ému, parcouru de spasmes, Albin s’irrite de l’inconscience avec laquelle l’employé s’élève en sifflant, stupide confiance en la machine se dit-il in petto.
Il est attaché, le rassure une voix, celle du factotum qui à l'égal de ceux de sa corporation lit dans les pensées et garde en toutes circonstances son sang-froid, attaché, attaché, s’emporte Albin, attaché à quoi, regardez, attaché au bras de la nacelle, un bras mobile et donc fragile, une défaillance et que se passe-t-il je vous le demande, d’après vous que se passe-t-il, non, si on avait un peu de jugeote pour une vraie sécurité on aurait attaché ce pauvre hère à quelque chose qui ne risque évidemment pas de tomber, ni même de bouger, à du solide, du fixe, on l’aurait attaché par terre si on avait un peu de jugeote, le plancher des vaches rien de plus sûr, mais voilà, pour tout pareil, dépit du bon sens, à l’envers et tout à l'avenant, pauvre siècle...
Le factotum approuve, petits hochements de tête, plisse du front, tire longuement sur sa gitane papier maïs.
(Plus tard se relit, note dans son calepin :
Sur la répétition du participe attaché : le contraire d’une inattention, marque de métier. Observer d'abord que 1. c'est le mot du factotum, Albin ne fait que le reprendre, 2. ce mot traduit la réalité suivante, un agent certes maintenu, par sécurité encordé mais lâche, de manière à ne pas gêner ses mouvements, un agent qui quoi qu'il en soit reste en mesure d'accomplir sa tâche. L'écrivain débutant désireux d’éviter coûte que coûte l’inconvénient mineur d’une redite n’hésitait pas, ipso facto voilà le technicien des T.P. ligoté, soit immobilisé, s'ensuit l’impossibilité de changer le néon déficient, de là, la nuit venue, immanquablement l'accident dû à l’obscurité, pourquoi pas un crime dans ce quartier d’ordinaire paisible mais bien éclairé, qui plus est cela va sans dire faute professionnelle, employé licencié et au final infirmité, mort d’homme, famille éplorée, famille endeuillée, couple brisé, enfants placés, drame social, Albin n’écrit pas pour la midinette et souffle d’aise, le travail quotidien n'aura pas été vain, on ne la lui fait plus désormais au fil des billets métamorphosé, aujourd'hui romancier chevronné.)
mardi 1 septembre 2009
673. autoportrait en double
lundi 31 août 2009
672. autoportrait en puzzle
Rendre l’âme, l’expression qui spontanément lui vient à l’esprit Albin la trouve ambiguë : s’agit-il à la fin du bail de la restituer mais à qui la remettre en ce cas ? De la vomir comme un plat indigeste, enfin libre, aérien, léger ? À cette idée Albin pris d’une irrépressible envie de danser enfonce deux doigts profond dans sa bouche se racle la gorge éructe. En vain. L’heure n’est pas venue. Se résigne à verser dans un verre d’eau gazeuse deux capsules Rennie effervescentes.
dimanche 30 août 2009
671. albin dimanche
où l'absence
d' ogres
se fait cruellement sentir.
samedi 29 août 2009
670. absence 7.
Le petit Poucet, qui avait remarqué que les filles de l’ avaient des couronnes d’or sur la tête, et qui craignait qu’il ne prît à l’ quelques remords de ne les avoir pas égorgés dès le soir même, se leva vers le milieu de la nuit, et prenant les bonnets de ses frères et le sien, il alla tout doucement les mettre sur la tête des sept filles de l’ , après leur avoir ôté leurs couronnes d’or, qu’il mit sur la tête de ses frères, et sur la sienne afin que l’ les prît pour ses filles, et ses filles pour les garçons qu’il voulait égorger.
La chose réussit comme il l’avait pensé ; car l’ , s’étant éveillé sur le minuit, eut regret d’avoir différé au lendemain ce qu’il pouvait exécuter la veille. Il se jeta donc brusquement hors du lit, et prenant son grand couteau : « Allons voir, dit-il, comment se portent nos petits drôles ; n’en faisons pas à deux fois. » Il monta donc à tâtons à la chambre de ses filles, et s’approcha du lit où étaient les petits garçons, qui dormaient tous, excepté le petit Poucet, qui eut bien peur lorsqu’il sentit la main de l’ qui lui tâtait la tête, comme il avait tâté celles de tous ses frères. L’ , qui sentit les couronnes d’or: « Vraiment, dit-il, j’allais faire là un bel ouvrage ; je vois bien que je bus trop hier au soir. » Il alla ensuite au lit de ses filles, où ayant senti les petits bonnets des garçons : « Ah ! les voilà, dit-il, nos gaillards ; travaillons hardiment. » En disant ces mots, il coupa, sans balancer, la gorge à ses sept filles. Fort content de cette expédition, il alla se recoucher auprès de sa femme. Aussitôt que le petit Poucet entendit ronfler l’ , il réveilla ses frères, et leur dit de s’habiller promptement et de le suivre. Ils descendirent doucement dans le jardin et sautèrent par-dessus les murailles. Ils coururent presque toute la nuit, toujours en tremblant, et sans savoir où ils allaient.
L’ , s’étant éveillé, dit à sa femme : « Va-t’en là-haut habiller ces petits drôles d’hier au soir. » L’ fut fort étonnée de la bonté de son mari, ne se doutant point de la manière qu’il entendait qu’elle les habillât, et croyant qu’il lui ordonnait de les aller vêtir, elle monta en haut, où elle fut bien surprise, lorsqu’elle aperçut ses sept filles égorgées et nageant dans leur sang. Elle commença par s’évanouir, car c’est le premier expédient que trouvent presque toutes les femmes en pareilles rencontres.
L’ , craignant que sa femme ne fût trop longtemps à faire la besogne dont il l’avait chargée, monta en haut pour lui aider. Il ne fut pas moins étonné que sa femme lorsqu’il vit cet affreux spectacle. « Ah ! qu’ai-je fait là ? s’écria-t-il. Ils me le payeront, les malheureux, et tout à l’heure. » Il jeta aussitôt une potée d’eau dans le nez de sa femme et l’ayant fait revenir : « Donne-moi vite mes bottes de sept lieues, lui dit-il, afin que j’aille les attraper. »
vendredi 28 août 2009
669. absence 6.
Nichtvorhandensein absence fraværelse ausencia foresto
poissaolo ôfwêzigens absenteso absensi assenza absentie
uitsedigheit mangel verstek verzuim ousensia ausëncia falta
mercredi 26 août 2009
mardi 25 août 2009
667. absence 4.
lundi 24 août 2009
666. six versions
- 1. apocalyptiqueJe vis ensuite surgir de la terre une autre Bête portant deux cornes comme un agneau, mais parlant comme un dragon.(... ...)Elle accomplit des prodiges étonnants : jusqu'à faire descendre aux yeux de tous, le feu du ciel sur la terre ; et, par ces prodiges qu'il lui a été donné d'accomplir au service de la Bête, leur conseillant de dresser une image en l'honneur de cette Bête qui, frappée du glaive, a repris vie.(... ...)Par ses manœuvres, tous, petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur la main droite ou sur le front, et nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom.C'est ici qu'il faut de la finesse ! Que l'homme doué d'esprit calcule le chiffre de la Bête, c'est un chiffre d'homme : son chiffre, c'est 666.2. mathématiqueLa somme de tous les nombres de 1 à 36 (1 + 2 + 3 + ... + 35 + 36) donne 666.
- On peut donc écrire que
;- et en remarquant que 36 est la somme des nombres de 1 à 8:
3. romantiquela somme des chiffres romains (M excepté) :- (I + V + X + L + D + C ou 1 + 5 + 10 + 50 + 100 + 500 = 666)
- 4. smithique
- la somme des chiffres décimaux qui composent 666 (6 + 6 + 6 = 18) est égale à la somme des chiffres décimaux de sa factorisation en produit de nombres premiers (666=2 x 3 x 3 x 37 : 2 + 3 + 3 + 3 + 7 = 18)5. motocycliqueDe Ploërmel à Vannes face au vent s'il vous plaît un vent à décorner, oui da, sur la nationale Albin fonce comme une bête, une bête une vraie, vouais, besoin de rien de personne sur sa moto OK ?, une Susuki qui crache le feu, vingt dieux, sur sa Susuki 666 droit devant, à lui la RN 166, mais si, 166.6. métamorphiqueDeux petites cornes comme un doux agneau, la langue bifide, la langue ambiguë du dragon, Albin rase les murs la queue entre les jambes et fourchue mais on le voit venir avec ses gros sabots : pas si terrible et même pas terrible du tout sa 666 ième métamorphose.
dimanche 23 août 2009
665. albin dimanche
pioche dominicale
où il se confirme qu'on ne peut démontrer que ce qu'on sait déjà.
sachant
soit :
samedi 22 août 2009
vendredi 21 août 2009
jeudi 20 août 2009
mercredi 19 août 2009
661. ah si vous connaissiez ma poule
Familier des cloaques en sait-il pour autant davantage sur la poule que par exemple le pot.
œuf
La poule, il la connaît de l'intérieur, qui n'est rien d'autre que l'intérieur de l'œuf.
cocotte
La poule d'Albin ? Une cocotte de papier.
qui de l'œuf ou de la poule
Est-ce parce qu'il l'appelle ma poulette ma cocotte qu'elle glousse et piaille ou parce qu'elle glousse et piaille qu'il a une tête d'œuf.
ps
On ne fait pas d'homélie sans casser les burettes.
mardi 18 août 2009
660. le travail c'est la santé
Albin désœuvré feuillette un magazine et trouve à la rubrique Santé trouve ou tombe sur une vague douleur tellement diffuse qu’il ne saurait dire où dans quelle partie de lui de lui ou d’ailleurs et se demande si c’est son genre de rester là à conjuguer souffrance et oisiveté.
Un instant pense à consulter mais le médecin médicalise et la médecine Albin n’y a jamais cru. Le psychologue le psychiatre le curé ? Psychologie, psychiatrie, morale et bondieuseries.
De toutes façons médicaliser qui ? moraliser quoi ?
Que faire, alors ? Albiniser Albin, Albin et le reste. Pas une mince affaire, certes. Sinon quoi ?
Rendre l’âme, l’expression qui spontanément lui vient à l’esprit Albin la trouve ambiguë : s’agit-il à la fin du bail de la restituer mais à qui la remettre en ce cas ? De la vomir comme un plat indigeste, enfin libre, aérien, léger ? À cette idée Albin pris d’une irrépressible envie de danser enfonce deux doigts profond dans sa bouche se racle la gorge éructe. En vain. L’heure n’est pas venue. Se résigne à verser dans un verre d’eau gazeuse deux capsules Rennie effervescentes.
En aucun cas Albin ne prendrait ses capsules Rennie dans une eau non-gazeuse.
À quoi bon redoubler, s’étonne son ami Hans, l’eau plate sous l’effet des capsules effervescentes serait déjà gazeuse.
Hans commence à lui courir le haricot avec ses remarques.
Qu’est-ce que ça peut lui foutre à Hans, bordel, que je prenne mes capsules Rennie dans un verre d’eau gazeuse ? Contrarié, Albin devient grossier.
Est-ce que je lui demande, moi... Là Albin s’interrompt, part d’un grand rire et tousse, manque de s’étouffer, tousse et rit en même temps, tousse et rit de plus belle, n’arrête pas de rire, de tousser, rire, tousser, avec quelle facilité Albin passe d’un état à son contraire, déconcertant, non ? maintenant grimace.
lundi 17 août 2009
659. capri c'est fini
le temps présentement
dimanche 16 août 2009
658. albin dimanche
où Broutin prend la place de la Lorpailleur et de Louise Bottu et Albin celle de Monsieur Songe.
Et le voilà parti dans un exposé où il n'est question pêle-mêle que de signifiant, de signifié, de référent, de métaphore, métonymie, morphème, phonème syntagme, algorithme, mise en abîme, métalangage, connotation, structuralité, sémanticité, poéticité. Puis avec un faux sourire il demande à Albin s'il taquine toujours la muse. Albin rougit et répond que non. Il aurait même eu honte d'avouer qu'il rédigeait encore son journal car ce doit être un genre bien périmé.
samedi 15 août 2009
657. que como cuando y donde
vendredi 14 août 2009
656. lucidus ordo
jeudi 13 août 2009
655. langage en vrac et en couleurs
mythe 1. Mythe, ah devenir mythe, petit Albin en rêve.
incorrigible Broutin
mythe 2. Devenir mythe petit Albin craint de.
mercredi 12 août 2009
654. incomplétude
2. D'Albin fleur indifféremment dépourvu de corolle étamines ou calice ou pistil on dit qu'il est incomplet ; mais attention, un Albin fleur toujours en cache un autre, doté de la partie qui fait défaut à l'un.
3. Métaphores catachrèses et autres ornements qui voilà peu le constituaient, il en manquerait Albin jardin de Tarbes qui a insensiblement viré japonais ? Pourtant les fleurs sont toujours là, non ?
mardi 11 août 2009
lundi 10 août 2009
dimanche 9 août 2009
651. albin dimanche
pioche dominicale (trois quatre arguments en faveur de l'autoportrait ou bien c'est le contraire)
1. Le thème littéraire du double apparaît avec une insistance particulière au XIX° siècle (Hoffmann, Chamisso, Poe, Maupassant, Dostoïevski en sont les illustrateurs les plus célèbres) ; mais son origine est évidemment très ancienne, puisque les personnages de Sosie ou de frère jumeau indiscernable tiennent une place importante dans le théâtre antique, comme dans l'Amphytrion ou Les Ménechmes de Plaute. Le double -au sens de dédoublement de la personnalité- n'est d'ailleurs pas lié à la seule expression littéraire : il est aussi à son affaire dans la peinture, dont il constitue même un thème essentiel et décisif du point de vue psychologique, s'il est vrai, comme on a pu le soutenir, que tout peintre a pour mission fondamentale de réussir ou de manquer son "autoportrait" (cela à l'occasion de n'importe quel genre de peinture, et en l'absence même de toute tentative de se faire figurer lui-même sur la toile).
2. Et vous avez le même caractère et les mêmes manies. Amour des phrases, désamour des gens.
samedi 8 août 2009
650. langage...
- ...et bornes
- Il parlait du temps et de sport, de politique, de son travail, avec les mots qu'il faut, cohérence et logique, le ton juste, bref tout roulait jusqu'à ce que pppfffttt, dérapage, patatras tout par terre d'un seul coup, écroulé, lui dessous.
- Qu'est-ce qui lui a pris on se demande d'essayer de faire de l'humour ?
- ...et couvertureLe titre du livre c'est Manuscrits à la recherche d'un éditeur, la maison d'édition MRE -Manuscrits à la Recherche d'un Éditeur....et définition... : des mots qu'avec plaisir ou dans l'effort c'est selon il aligne et plus ou moins prennent à ses yeux un sens jusqu'à ce que
vendredi 7 août 2009
649. rêve quantique
jeudi 6 août 2009
648. rêve et grincements
mercredi 5 août 2009
647. rêve d'ailleurs
mardi 4 août 2009
646. au pilon
lundi 3 août 2009
645. les bornes du langage
dimanche 2 août 2009
644. albin dimanche
samedi 1 août 2009
643. la télé d'albin
structure du récit
Poirot qui affirme, ce sont ses mots, ne pas tourmenter le réel pour le faire coller à sa théorie. Facile de jouer les purs quand un autre se charge des basses œuvres, en l'occurrence une autre, Agatha Christie qui s'y colle, à la machinerie.
Quand le coupable, le plus important banquier du pays, dit en désignant le chômeur pas futé qu'il pensait envoyer à sa place à la potence, pourquoi me préoccuperais-je de gens comme lui ? Poirot répond la différence entre vous et moi c'est que pour moi la vie de cet homme-là compte autant que la vôtre.
Vraiment ? Pourquoi alors épargner l'un.
Lui si malin saurait-il dire qui l'un qui l'autre, s'ils ne font qu'un, qui de l'un qui de l'autre donne forme à l'autre à l'un, tourmente le réel ou s'y plie, de ce côté-ci de l'écran Poirot saurait-il démêler le chaton, Albin, Albin le chaton dans le même ronronnement confondus ?
vendredi 31 juillet 2009
642. cool metamorphosis
jeudi 30 juillet 2009
641. éric ou luc
mercredi 29 juillet 2009
640. et encore pas toujours
mardi 28 juillet 2009
639. autoportrait à la fenêtre ouverte
lundi 27 juillet 2009
638. géographie d'albin
- Plus de couillons que d'hommes par le monde dit Rabelais qui certes a parcouru la France séjourné à Rome à plusieurs reprises mais le monde on est loin du compte, le monde, là il extrapole, plus humaniste que voyageur donc optimiste, forcément optimiste.
tour de france et tour du monde
- voyage 1
- Albin aime la littérature qui le surprend dans ces régions d'Albin inexplorées.
- voyage 2
- Un mot serait une île une phrase un archipel un livre un continent...
- Ces blancs troubles et pelucheux l'incommensurable océan de l'ennui.
- faire-part (naissance)Et hop : Albin saut dans le vide sans élastique.
dimanche 26 juillet 2009
637. albin dimanche
(pioche dominicale Saumur-Champs-Élysées)
Albin jouissait à Saumur
Albin jouissait à Saumur
Albin jouissait à Saumur d'une réputation dont les causes et les effets ne seront pas entièrement compris par les personnes qui n'ont point peu ou prou vécu en province aujourd'hui c'est dimanche Albin pioche dès que la République française mit en vente dans l'arrondissement de Saumur les biens du clergé le tonnelier venait d'épouser la fille d'un riche marchand de planches pioche et grimace sous le soleil Albin alla muni de sa fortune liquide et de la dot muni de deux mille louis d'or au district où moyennant deux cents doubles louis offerts par son beau-père au farouche républicain qui surveillait la vente des domaines nationaux il eut pour un morceau de pain légalement sinon légitimement les plus beaux vignobles de l'arrondissement une vieille abbaye et quelques métairies c'est la dernière étape les habitants de Saumur étant peu révolutionnaires Albin passa pour un homme hardi un républicain un patriote pour un esprit qui donnait dans les nouvelles idées tandis que le tonnelier donnait tout bonnement dans les vignes son coup de pédale est saccadé il fut nommé membre de l'administration du district de Saumur et son influence pacifique s'y fit sentir politiquement et commercialement Albin accompagne son effort d'un mouvement du corps et de la tête politiquement il protégea les ci-devant et empêcha de tout son pouvoir la vente des biens des émigrés commercialement il fournit aux armées républicaines un ou deux milliers de pièces de vin blanc accompagne son effort d'un mouvement du corps et de la tête en fléchissant les bras et se fit payer en superbes prairies dépendant d'une communauté de femmes que l'on avait réservée pour un dernier lot en petit forme Albin fait des efforts pour garder le contact sous le Consulat le bonhomme Albin devint maire administra sagement vendangea mieux encore pioche dans ses réserves sous l'Empire il fut Monsieur Albin aujourd'hui dernière étape du Tour Albin pi
