lundi 8 février 2010

831. la vida es sueño (1)


Un chien qui a du cœur

Quel motif vous amène, demanda Albin, dépêchez-vous je vais bientôt dîner.
Nous sommes le Comité d'Administration de l'Immeuble, l'Assemblée Générale des locataires a posé le problème de la redistribution rationnelle des appartements...
Le petit gars noiraud lui rappelait quelqu'un, Albin l'interrompit :
Vous savez qu'en vertu d'une ordonnance du 12 août mon septième douillet est exempté de toute nouvelle occupation ou redistribution rationnelle.
Nous le savons, mais après examen l'Assemblée Générale en est arrivée à la conclusion que vous occupez une surface excessive, sept pièces à vous tout seul !
Je voudrais bien en avoir une huitième.
Le petit gars hargneux manqua s'étouffer, plus que jamais il rappelait quelqu'un à Albin, une huitième ! et rien d'autre ?
Oui, je m'y sens à l'étroit mais passons, l'appartement est exempté de redistribution rationnelle, la discussion est close je vais aller dîner.

Je m'excuse... fit le gros chevelu derrière le petit bonhomme.
Je m'excuse... risqua le factotum.
Je m'excuse... répéta le quatrième, une jeune femme plutôt terne.
Je m'excuse, les coupa le petit gars, c'est précisément de la salle à manger que nous sommes venus vous parler. L'A. G. aimerait que vous y renonciez au nom de la discipline prolétarienne. Personne à Mostrou n'a de salle à manger. Quant au bureau, on peut très bien le réunir avec la chambre.
Laquelle ?
Comment, laquelle ?
Oui, laquelle : il y en a quatre.
Il y en avait quatre, l'A. G. vous en laisse une.
Albin passant du pourpre au gris fit très vite donc j'écrirais je lirais je mangerais dans la chambre c'est bien ça ?
Ou à la cuisine.
Et mes cafards ?
À la cuisine aussi.
Ou dans la chambre, fit le gros type hilare.
Ah c'est comme ça, attendez une minute fit Albin, la voix d'une politesse redoutable.
Ça c'est quelqu'un, pensa Bouboule enthousiaste et jappa, tout à fait mon genre. Qu'est-ce qu'il va leur passer ! Je ne sais pas encore comment mais ils vont être servis.
Albin téléphone à la main, bonjour cher Bob Btroutinovitch, expliquait la situation, sur décision du Comité d'Administration de l'Immeuble quand vous me rendrez visite vous mangerez du chien et dormirez à la cuisine avec les cafards...
Le petit gars hargneux leva la main comme pour contester les propos d'Albin qui sans un mot lui passa le combiné.
Oui, nous savons... oui bien sûr... très bien... parfaitement... puisque c'est comme ça... bien...

Le petit gars raccroche le visage en feu, proteste en bafouillant, bat en retraite à contrecœur suivi du gros type et du factotum, pour ne pas perdre totalement la face la jeune femme propose à Albin des revues au profit des enfants d'un pays pauvre et sinistré, non merci dit Albin et leur jette un œil torve, indignés les trois lui demandent s'il n'a pas de pitié s'il est avare ou bien quoi d'autre Albin simplement répond qu'il n'en veut pas de leurs revues un point c'est tout le petit gars noiraud lui lance qu'il n'aime pas le prolétariat Albin dit que non, qu'il ne l'aime pas le prolétariat, laisse tomber camarade Albin Albinovitch murmure d'un ton las la jeune femme et tire par le bras le petit gars noiraud qui rappelle quelqu'un à Albin en plus jeune, ils sortent tous les quatre, la porte claque, c'est l'heure du repas fait Madame Marcel dans l'encadrement, vous vous étiez encore assoupi, dressé sur ses pattes arrière Bouboule entame devant Albin tassé dans son fauteuil les pieds sur le bureau une pantomime d'actions de grâce, Albin distraitement tapote la tête du cafard, merci Zina, vous pouvez servir.

dimanche 7 février 2010

830. albin dimanche


pioche dominicale

Il tomba par terre. Il était mort. Trente-six heures après, sur la demande de l'apothicaire, M. Canivet accourut. Il l'ouvrit et ne trouva rien.

G.F.

samedi 6 février 2010

829. albin va et vient


Albin partageant cafards rêves et fèces.
L'Autre est en lui.
Albin par l'Autre pris.
Albin possédé.

L'exorciste seul trouvera les mots pour faire qu'il s'en sorte.

Albin par les mots charmé.
Albin abandonne à l'Autre le terrain.
Albin laisse Albin à l'Autre.

Albin en extase.
Albin hors de soi.
Ainsi peut-il aller vers l'Autre.


vendredi 5 février 2010

828. annonce


fête nocturne

Cherche compagnon de silence pour contemplation joyeuse du tragique.

jeudi 4 février 2010

827. albin joue au pendu


Un pendu qui a raté son coup
1. s'y reprend et se repend : c'est une rependaison,
2. se reprend et se repent : c'est un repentir.

L'artiste ratant son tableau le reprend de deux façons :
1. le repeint quand il est achevé, ça s'appelle un repeint,
2. le repeint en cours d'exécution, on parle de repentir.

Condamné pour un cas pendable il hésite :
1. de dépit se pend, avant l'heure pendard pendu,
2. se repent la langue bien pendue, repenti.

mercredi 3 février 2010

826. albin fait des phrases


moral-exclamatives (2)

Vivre passe encore mais se regarder vivre !

Parler passe encore mais s’écouter parler !


romantique

N’est pas dandy qui veut dans le miroir d’Albin fatigue et insomnie.


dynamique

Soi constamment actif sous le regard de l’Autre sous le regard des mots Albin fourbu.


frigorifique

Quand sa paupière est close Albin froidement se demande si l’œil de l’Autre est toujours allumé.


interrogative frigo-poétique

Rideau de terre tiré Albin froidement s'interroge : l’œil est-il toujours là à regarder Albin ?


moral-lasses (2)

Se regarder vivre, s'écouter parler, passe encore.

Mais vivre, mais parler...


mardi 2 février 2010

825. langue étrangère


conclusion du précédent

transition avec le suivant soit ce billet-ci

Étirement, contorsion, rien ne vaut l’exercice pour débusquer l'Autre qui veille en soi et le surveille.


bien chié Albin ?

Désormais sa mère hésite à poser la question rituelle : outre cafards et haricots lingots Albin ne partage-t-il pas rêves et fèces ?

Et se demande si Bien cagué n'irait pas mieux sachant que dans le fond c’est une affaire de langue.


l’Autre qui veille en soi et le surveille

Cafards haricots rêves et fèces et pourtant, la souffrance n’est pas dans le partage. Plutôt dans la promiscuité et encore. L’étrangeté, l’exacerbation, l’exclusion, le danger d’explosion.

Albin hésite aussi entre grenouille et bœuf, aliénation, altérité et moule de chrome.


contrariété

La présence de l’Autre encombrante pour la place qu’elle prendrait au détriment de soi, réduisant celui-ci à peau de chagrin, portion congrue, tout ce qu’on voudra ?

Au contraire : l’Autre ne réduit pas Albin il l’enfle, un vrai ballon, une baudruche.


enflure de soi

La présence de l’Autre en soi ramène cruellement tout à soi. Crûment fait la lumière sur soi.

Pauvre Albin qui se plaît dans l’ombre et à la fraîche.


faux témoignage

L’Autre ou le témoin de sa propre existence qu'Albin bienheureux oubliait.


rappel

Donc une existence. Cette existence-là, pas une autre.

Chaque jour le chemin s'allonge de la boulangerie, plus lourde est la baguette Albin ploie.


jeu de regards

S’il s’agissait de l'existence en général mais non, il s'agit de celle-là, son existence à soi plus riquiqui encore sous le regard de l’Autre : l’Autre le voit, Albin le voit le voir, dans son regard se voit.

Vivre passe encore mais se voir vivre.


langue à part

Tout ça affaire de langue : l’Autre est un mot qui regarde Albin, l'Autre et tous les autres, les mots sortent d'Albin étrangers et le scrutent.

Attention, parole ! Non content de se regarder vivre Albin doit s’écouter parler.


lundi 1 février 2010

824. résumé-conclusion-transition


résumé du billet précédent

Étirement, contorsion, l’Autre qu’il soupçonnait Albin dans le miroir l’interpelle.


Au début c’est comme une distraction nouvelle, on n’est plus seul dans l’existence, plutôt marrant et lui (l'Autre) plutôt sauvage, toujours à se dérober.


Il me rappelle quelqu’un se dit Albin l’œil dans le miroir.


Apprivoiser sans effaroucher. Lui parler. D’abord peu et doucement, bientôt à voix plus haute et plus longtemps.


Un jour heureux un jour complice Albin se prend à vouloir 1. cerner une identité somme toute assez vague, 2. donner corps à cette existence encore floue.


Pour ses regards d’ailleurs, ses airs absents, ses silences éloquents*, Albin le surnomme le Poète**.

(*Son penchant pour le rêve y est sans doute pour quelque chose **ou c’est le nom que l’Autre s’était lui-même donné.)


conclusion transition avec le billet suivant

Étirement, contorsion, rien ne vaut l’exercice pour débusquer l'Autre qui veille en soi et le surveille.


dimanche 31 janvier 2010

823. albin dimanche


pioche dominicale

La sonnette qui tintait sans interruption m'arracha du lit. Je traversai le couloir en trébuchant et ouvris la porte. Il était là. Il semblait n'avoir pas dormi depuis huit jours. Dans son manteau léger au col relevé, il avait l'air de frissonner. Un feutre sombre était rabattu sur ses yeux.
Il tenait un automatique à la main.


L'arme n'était pas braquée sur moi. Il se contentait de la tenir, le bras pendant. C'était un automatique de calibre moyen, de marque étrangère, sûrement pas un colt ou un savage. Avec son visage blafard, ses cicatrices, son col relevé, son chapeau et son flingue, il avait l'air de sortir tout droit d'un vieux film de gangsters.

Ray C.

samedi 30 janvier 2010

822. arch solitude !


Comme la sensation d'une présence et dès qu’il a le dos tourné sarcasmes et réflexions plus ou moins discrètes, remarques, constamment par derrière on le juge, il avait beau se retourner d’un geste brusque il n’arrivait qu'à se surprendre lui-même.


Las de se faire des frayeurs achète un miroir puis deux puis trois jusqu'à fatigué et le septième douillet partout tapissé de cent mille reflets, les siens propres, et jusqu'aux toilettes, jusqu’aux poutres polymérisées qu’il habille de ses cent mille silhouettes cent mille portraits adhésifs fuyants, légers, ceux de l’hydre aux yeux de rapace toujours sur les dents qu'il est devenu.


Le truc un jour finira par payer. Au détour d’un regard, à la faveur d’un étirement douloureux, d’une contorsion aiguë, se découvre ébahi des grimaces inédites, des expressions inattendues, tout un tas d'airs bizarres qu’il ne se connaît pas. L’évidence il faut s’y rendre : sa vie solitaire ne l’est plus ne l'est pas.


Le cahors ce soir coule à flots, Albin noie sa vie d'ermite.


vendredi 29 janvier 2010

821. qui ?


Qui se renfrogne qui se renferme...


Qui produit trop peu de sérotonine...


Au lieu de voir le monde dans ton miroir regarde-toi dans le monde, lequel donne ce conseil à l’autre...


Qui se défait se fond se liquéfie se dissout s’embrouille se prend les pieds les pinceaux s’emmêle ne s’y retrouve plus se confond...


Qui ne sait plus ni distinguer ni qui il est...


Qui n’a plus sa tête à lui contraint de partager...




jeudi 28 janvier 2010

820. modus vivendi


Albin pas partageux lui pas intéressé faut bien vivre hein faut bien croûter finalement s’entendent sur un moyen terme, l’indivis dispersé.


Albin paraphe, l’Autre fait son Poète, appose une colombe tellement elle se prend pour une vraie qu'elle roucoule, bat des feuillets, s’envole.


Cul de poule en bouche le Poète fait des ah, fait des ô, agite sa plume au bout de la main, ciao colombe auf Wiedersehen see you До свидания, Albin dépité tend le poing fermé, adieu contrat tout à refaire, coins et cahors, cafards, stylos, crayon, pages du calepin, haricots lingots, tout à recompter.


mercredi 27 janvier 2010

819. albin joue en double


...tronçonner grande aiguille et petite, fractionner les quarts morceler l’espace et le temps pour quelqu’un qu’il connaît à peine, un second couteau, une doublure, tout ça pour son double...


...on voit rarement Albin à sa fenêtre comme autrefois, sept étages divisés par deux la vue n’est plus ce qu’elle était, tout réduit de moitié où les volumes avantageux? où le septième jadis douillet ? Albin le riquiqui ne kiffe pas...


...pourtant contraint forcé coupe la poire en deux et ses chers cafards mais dédoubler, répartir, distribuer, mais parité équivalence équité justice égalité Albin renonce il n’y arrivera jamais, lui ni personne, on ne partage que les idées toutes faites, les opinions, les préjugés...


L’Autre s’en fout, le Poète s’en désintéresse.

(L’Autre c'est son double, l'Autre aimerait qu'on l'appelle le Poète, un nom qu’il s’est lui-même donné.)


mardi 26 janvier 2010

818. mélo


pour sa pomme
calville à chair sucrée lui gavé
Albin carpocaspe est dans
le fruit est dans le ver

glisse à part
chercher de l'escargot
la singularité
dans la bave

idiotie
au cœur de la raison avec elle
avec lui confondue
qui subodore d'Albin la folie

lundi 25 janvier 2010

817. méli


1. fausse piste

recoins et caches
fond sans fin des sombres histoires
et les plis obscurs âme et draps
chiens lâchés l'inutile traque
et là
lumière là plein soleil
le mystère
comme une lettre à la poste
-volée ?


2. cul et chemise

toujours à la colle et ne pas
jamais
d'une semelle se lâcher
scotchés
mensonge et vérité


3. cherchez pas

de jour ici là-bas
comme de nuit
minuit quatorze heures
ou midi
le temps quel chameau dans l'aiguille
passe
et le réel à chat perché
sur ses échasses
pile poil fourré comme d'hab
dans l'artifice
face

dimanche 24 janvier 2010

816. albin dimanche


pioche dominicale

pioche n° 1.
je voudrais que mon amour meure
qu'il pleuve sur le cimetière
et les ruelles où je vais
pleurant celle qui crut m'aimer
S.B.

pioche n° 2.
L'homme tiendrait-il debout par la seule vertu de ce qu'il raconte ?
P.F.

pioche n° 3.
Tout ce que nous appelons psychisme est tissé par l'absence.
P.F.

samedi 23 janvier 2010

815. that's all folks !


au nord de noumea nous n'irons plus aux noix
noueux sont nos nougats
nous n'irons pas
ni nos noires nounous nonagénaires non

ni la nonnette nue
retenue
nouée au nid
nenni

nénies et nirvana
hosanna niet
néant des nues honni
fou né fini

au nord de nouméa eau noie nous n'irons plus
minée la moue et nous noyés
n'oyons-nous pas ?
terminée la nouba

vendredi 22 janvier 2010

814. trinité


liberté
ni dieu ni être

égalité
tête la première en politique Albin autruche.

fraternité
le même étonne le divers hypnotise le foisonnant de l'un à l'autre angoisse.

jeudi 21 janvier 2010

813. ça dépend


de la virgule d'abord s'il y en a une ou pas après comment et si comment dit la manière ou l'étonnement ça dépend bien sûr de ce qu'on entend par aller est-ce qu'on l'emploie au sens strict sens premier ou le mot a perdu de sa charge auquel cas comment prend encore un autre sens ou plusieurs autres ça on n'en parle même pas c'est qui c'est quoi ça qui pourrait le dire et puis le ton très important le ton ironique ou moqueur sincère indifférent juste poli et il ne s'agit pas seulement de cette question-là ça dépend paraît être à Albin la seule réponse possible à toutes les questions possibles aujourd'hui et verrait bien sa rue la rue de la boulangerie rebaptisée pourquoi pas rue des désillusions

mercredi 20 janvier 2010

812. à qui le tour ?


...croustillant assure-t-elle et lui tend le boulot, voyez comme il est frais, sans faire peur lance Albin pince-sans-rire et questionne, comment dites-vous ? clin d'œil vers les clients qui s'impatientent, pain paradoxal ? aux céréales rectifie la jeune boulangère et d'un trait blé seigle épeautre orge et sarrasin pain boulot aux cinq céréales merci au revoir Monsieur Albin à qui le tour ?

Retour vers le septième douillet. La voix, le papier maïs qui tremblotent, le factotum aimerait bien qu'on l'apaise, aujourd'hui, les séismes avec tous leurs engins leur science le toutim ils pourraient quand même les prévoir nom de dieu pensez pas Monsieur Albin ?
Ils prévoient ils prévoient rassure Albin et développe, ils prévoient que ça peut arriver aujourd'hui dans cent ans ou dans mille.

Ça ou pisser dans un violon, compare abrupt le factotum.
Il y a du vrai, approuve Albin, prévoir ne rien prévoir c'est du kif au même, on vit comme si de rien n'était, comme si ça n'arrivait jamais, ça ne vous rappelle rien ?
Et ça arrive, sa main palpe le cœur puis tour à tour le front le crâne le foie un peu partout le factotum l'air égaré répète ça arrive...

Le hall d'entrée en sifflotant à petits pas pressés Albin vers l'ascenseur le premier sur la gauche, noir, les étages impairs.

mardi 19 janvier 2010

811. ici il fait (la cabane encore)


qu'importe
...qu'importe qui parle, quelqu'un a dit qu'importe qui parle...

se souvient de la phrase :
...qu'importe qui parle...

se souvient de la phrase et transpose :
...peu importe qui fait...


voix
ce souffle, ce murmure
comme une voix et ce n'est pas la sienne
ni celle du père
ou à la fois la sienne et celle du père
voix anonyme
portée par le vent
voix sans voix

oubli 1
en écrivant Albin s'efface
s'efface en faisant

construction-déconstruction
tandis qu'il fait Albin se défait.

oubli 2
...qu'importe qui dit...
le langage exclut le soi, sa conscience
...qu'importe qui fait...

Albin, chieur de père en fils :
survivance du soi toujours.

faire et s'oublier
ce faisant s'oublier

1. barre Albin, chieur de père en fils
2. inscrit sur le fronton :

Ici il fait
(comme on dit Il pleut.)

lundi 18 janvier 2010

810. lundi en vrac


survivance du moi
Un vieux manteau, une amphore géante et les pieds nus, le dénuement pour clamer son insignifiance, fier de ne pas avoir été, le dénuement et une grande gueule.

hommage
L'artiste encore tiède on l'honore, arrêté enfin, enfin on peut tailler dans la barbaque, les mots, goûts et couleurs, découper en morceaux, ça ne bouge plus.

si vos pacem para synonymum
En temps de paix on appelait billets de banque les tickets de rationnement.

ailleurs
Albin tourne les pages de son calepin, s'arrête dans un sourire, le sourire de qui tient la vérité vraie, in petto se dit voilà ce qui est bien avec mes petits textes, quel que soit celui qu'on lit ce n'est jamais le meilleur.

dimanche 17 janvier 2010

809. albin dimanche


pioche dominicale

Ne compte pas les jours qui passent
Compte plutôt les lignes écrites.

M.T.

samedi 16 janvier 2010

808. peine perdue


hors de soi 1
Albin cherche l'oubli contre la nécessaire mémoire.

hors de soi 2
trouver sa folie contre la nécessaire conscience
avec elle

jeu et perdition
Albin perdu rien que parce qu'il se sait perdu
joue à se perdre
joue à se retrouver
perdre et retrouver quoi au fait ?

s'orienter dans le chaos
un coup se perdre
un coup se retrouver
jouer au dés
un coup pour rien
Albin perdu d'avance

vendredi 15 janvier 2010

807. pseudonyme et création


devise

De sa propre main, sur le fronton de la cabane au fond du jardin :

Albin, chieur de père en fils.

jeudi 14 janvier 2010

806. pseudonyme et perdition (2)


repères et perdition
Ah le fumet du cassoulet, plus court chemin vers le septième douillet, le goût du baiser ? direct chez Wanda, au croustillant de la baguette il sent la boulangerie et tout comme ça, pour tout pareil, sans chercher son chemin Albin le retrouve.

plan et perdition
Pour l'égarer rien ne vaut un plan. Quel lien il se demande entre un dessin et..., un dessin et quoi, quoi donc au fait, il se demande.

circulation et perdition
Des rues au cordeau des angles à l'équerre, des courbes au compas des maisons carrées des panneaux partout, de-ci de-là quelques pliures rectilignes, Albin tourne en rond dans un plan.

pseudonyme et perdition
Le pseudonyme pour gommer le moi, souligner l'anonymat.

nom de nom
Sur le chemin du septième douillet la boulangerie Panon, sa Panette, Grailloux & fils, boudins et rillettes, la vitrine du libraire Culles & successeurs et dedans, plus gros plus lourd que les précédents, le dernier Broutin, gribouilleur depuis cinquante ans.

mercredi 13 janvier 2010

805. pseudonyme et perdition (1)


s'orienter dans les ruines
Cette malheureuse Haïtienne veut rentrer chez elle, elle ne retrouve plus son chemin, ses repères étaient en béton pourtant, pulvérisés par le séisme, elle ne reconnaît plus les rues en miettes.
Sa destination aussi était un repère.

no country for the old man
Le vieux monsieur mange les violettes dont il a oublié l'usage, il ne cherche plus son chemin, n'a plus de destination, ne rentre plus chez lui, soi dissous, implosion, cataclysme intérieur.

hors de soi
Albin cherche l'oubli contre la nécessaire mémoire.

avoir lieu
où le nom aurait lieu d'être
le pseudonyme est lieu d'oubli.

mardi 12 janvier 2010

804. rappelez-moi votre pseudonyme


Le pseudonyme en angoisse plus d'un.
Albin c'est pas un nom. De la gnognotte.
Pierre Martin Jeanne Durand ça c'est du tout bon du costaud consistant.
Du vrai.
Du qui prête le flanc à l'existence.

Le droit et la morale à la rescousse quand il s'agit ni plus ni moins de trouille.

Humanisme. Persistance du sujet.
Persistance rétinienne, illusion de continuité.

Bien chié Albin ?
Le nom le pseudonyme la signature rien que pour surcharger l'étron.

Son chat Albin l'appelle chat.

En Espagne en Russie on en apostrophe une ou un dans la rue en criant "femme !" "homme !".

Ulysse a disparu reste Personne.

Superfétation du pseudonyme même : Pessoa le bien nommé.

lundi 11 janvier 2010

803. la gourme équine frappe toujours deux fois


Ce n'est pas en enfermant son voisin qu'on se rassure sur son propre état mental, fait Albin sage.
À quoi Albin bouffon répond le seul moyen pour se convaincre de sa santé mentale est d'interner fissa son voisin.

Aussitôt Albin sage enferme Albin bouffon au prétexte qu'il s'est montré trop sage.
En effet n'a rien fait de plus, platement prendre le contre-pied d'Albin sage en restant peinard du côté du manche, le parti pris mollet de la raison, on espérait mieux de lui, autre chose.

En enfermant Albin bouffon trop sage Albin sage il l'a dit plus haut ne se tranquilliserait pas si ce faisant il ne prenait la place d'Albin bouffon, le voilà devenu en quelque sorte Albin bouffon et pour se rassurer plus que jamais doit mettre en pratique l'adage d'Albin bouffon désormais fait sien puisqu'Albin bouffon s'est vu converti en Albin trop sage et qu'Albin sage est présentement Albin bouffon.

Raison pour laquelle plutôt deux fois qu'une clic-clac l'embastille.

Question : quel est l'âge au jour près des chevaux d'Albin sage et d'Albin bouffon ?
Réponse : Captain et Fébrile.

dimanche 10 janvier 2010

802. albin dimanche


pioche et métamorphose (2)
pioché par Albin, adepte immodéré de la métamorphose (voir billets précédents)

A. Animaux à métamorphoses (1867) voir cynthia 3000

Ainsi, non seulement le scorpion subit dans l'œuf des changements considérables, mais encore ces changements ont pour résultat de lui faire prendre successivement la forme d'animaux spécifiquement différents de lui.
C'est exactement ce que nous avons vu se produire chez tous les animaux à métamorphoses.
C'est, dans un cercle plus restreint, ce que nous avons vu se produire chez les animaux mêmes où les métamorphoses sont les plus considérables.
La medusa aurita passe dans le cours de son développement d'un ordre à un autre ordre ; le scorpionide le plus élevé ne sort pas (...) des limites de sa famille ; mais il en parcourt tous les degrés.
Le fait en principe est donc le même. Le fait général est que, durant sa période embryonnaire, tout animal révèle des rapports avec des formes organiques plus ou moins différentes de celles qu'il revêt à l'état adulte, et l'ensemble des phénomènes du développement nous conduit à nous demander:

S'il n'existerait pas des rapports de parenté entre des animaux classés dans des espèces, dans des genres, dans des familles, dans des ordres... différents.

V.M.

B. L’oubli de la natation (1900)

On nous demandera peut-être comment il se fait que l’homme ne nage point naturellement comme la grenouille. Nous répondrons tout d’abord que le bon nageur nage absolument, saute à l’eau et plonge comme la grenouille. Mais quand le dieu marin se dressa et se mit à marcher sur ses parties inférieures, les jambes et les bras acquirent un mouvement alternatif opposé à la natation. Le bras droit et le pied gauche se portent en avant en même temps, de même pour la main gauche et la jambe droite. Or, pour nager comme la grenouille, il faut que les bras agissent ensemble et en opposition avec les jambes agissant ensemble. Il suffit de répéter des exercices convenables, couché sur le dos, pour que les quatre membres retrouvent bientôt leur ancienne science.
D’autre part, si on laisse le petit enfant marcher à quatre pattes, comme cela lui est naturel, aussi longtemps que possible, et qu’on lui mette de l’eau à sa disposition pour y pouvoir nager sans danger, il ne tardera pas à s’y mouvoir comme les quadrupèdes qui nagent naturellement ; car, en marchant au pas à quatre pattes, on fait une suite de mouvements produisant la natation. La jambe et le bras droit refoulent à peu près en même temps, pendant que les membres du côté gauche remontent à la surface pour refouler l’eau à leur tour. Le quadrupède nage en un léger roulis, la grenouille par un tangage. La marche de l’homme n’est ni l’un ni l’autre.
C’est l’esprit des ancêtres qui porte les enfants à rechercher les bourbiers, à patauger, à trouver leurs délices au bord des eaux, dans le sable et la boue où ils se mettent comme de petits diables. S’ils peuvent se baigner en sûreté, ils nageront d’abord comme les quadrupèdes et bientôt ensuite comme la grenouille et même mieux et plus longtemps. Il est bien aussi à remarquer que l’homme est le seul animal qui sache nager sur le dos, étant en cela supérieur aux poissons, comme il convient à l’ancien roi des eaux, au dieu marin.

J-P B.

samedi 9 janvier 2010

801. pioche en deux coups


pioche et métamorphose 1
pioché par Albin, adepte immodéré de la métamorphose (voir billets précédents)

Éloge de la métamorphose (2010, paru dans Le Monde)

Le probable est la désintégration. L'improbable mais possible est la métamorphose. Qu'est-ce qu'une métamorphose ? Nous en voyons d'innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s'enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d'autodestruction et d'autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d'une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.

La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d'un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l'Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l'architecture, les arts, la littérature, la philosophie.


(... ... ...)

L'idée de métamorphose, plus riche que l'idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l'héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s'il semble possible d'en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l'Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l'aide des royautés, les désintégrer.


(... ... ...)


Comme disait Vassili Grossman de Stalingrad, la plus grande victoire de l'humanité était en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortait vainqueur. La victoire des démocraties rétablissait du même coup leur colonialisme. Aujourd'hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s'agit de sauver l'humanité.

L'espérance vraie sait qu'elle n'est pas certitude. C'est l'espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L'origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine.


E.M.

vendredi 8 janvier 2010

800. 800. 800. 800. 800. 800. 800. 800. 800


1.
huit cents - huis sent - huis sans - u hissant - u hisse han - hue hisse an - huissant - huiçant - hue hissant - huisse an - oui sans - huit cents - huis sent - huis sans - u hissant - u hisse han - hue hisse an - huissant - huiçant - hue hissant - huisse an -

2.
oui sans - huis sans - u hissant - u hisse han - hue hisse an - huissant - huiçant - hue hissant - huisse an - oui sans - huit cents - huis sent - huis sans - u hissant - u hisse han - hue hisse an - huissant - huiçant - hue hissant - uiçant - hue hissant - huisse an - oui sans - huis sans - u hissant - u hisse han - hue hisse an - huissant -

3.
eight hundred-acht hundert-ochocientos-שמונה מאות-otto centesimi-8百-oitocentos-bосемь сотен-tetëqind-осемстотин-وثمانمائة-vuit-cents-800 명의-osamsto-otte hundrede-आठ सौ-OSIEMSET-aštuonis-astoņi simti-delapan ratus-هشتصد-tmien mitt-åttahundra-opt sute-tám trăm-åtte hundre-осам стотина-sekiz yüz-вісімсот-osm set-acht honderd-acht hundert-ochocientos-שמונה מאות-otto centesimi-8百-oitocentos-bосемь сотен-tetëqind-осемстотин-وثمانمائة-vuit-cents-800 명의-שמונה מאות-

jeudi 7 janvier 2010

799. albin light


extase
Albin le plus souvent hors de lui jamais ne se fâche. Par contre, en colère comme on dit en vacances, ou dans la Lune, en colère il peut l'être nom de Dieu.

ignore-toi toi-même
Comme il s'éloigne toujours plus loin de soi on dit d'Albin qu'il est excentrique, l'ellipse on la traite pareil (ellipse, du grec ἐλλείπω, elleipô, « laisser de côté », « négliger ») parce qu’on la considère comme un cercle incomplet, manière de dire d'Albin qu'il ne tourne pas rond ou de l'ellipse qu'il lui manque un boulon ?

Son centre, quelque chose comme son lieu d'équilibre, lieu de sa gravité, Albin léger l'appelle point g ce n'est qu'une formule, il n'y a jamais cru.

mercredi 6 janvier 2010

798. la semeuse vaut le détour


1.
À l'intérieur du cercle, cheveux longs, fichu noir sur l'épaule et sous le fichu la robe claire froncée nouée à la taille, une jeune femme.

Elle tient dans sa main gauche une tige.
Le bout de la tige au niveau du visage, plus précisément de la bouche.
Il est rond et gorgé, du moins dans la part qu'il en reste : le bout de la tige est une boule entamée au quart.

Près de la bouche la semence jaillit, des petites graines volettent, tout autour.

Le dessin s'inscrit totalement dans le cercle.

À l'extérieur du cercle cette phrase :
JE SÈME À TOUT VENT


2.
dans la page du dictionnaire
voir ému gicler l'akène
d'une tige roide qui dans les airs
sans compter dispense ses graines

elle tient la tige dans sa main
la boule dans sa bouche rieuse
va vient asperge au chemin
geste auguste ah la semeuse

mardi 5 janvier 2010

797. divertissement


1. distraction
Bien sûr le dictionnaire, rassembler figue et pissenlit, semeuse, akènes épars, ingrédients dispersés, lui donner forme enfin, au dictionnaire, Albin n'oublie pas.
Mais la jeune femme à la radio.

Elle dit ne pas avoir de souvenirs de sa petite enfance et le distrait.

Et précise : plutôt elle a des souvenirs mais pas réels, pas de vrais souvenirs, des souvenirs qui n'en sont pas, souvenirs fabriqués ; elle éprouve l'impression d'avoir pour souvenirs des histoires que lui auraient rabâchées ses proches au point qu'elle en a fait ses souvenirs.

2. violettes
Il mâchonne les violettes offertes à son anniversaire, le vieux monsieur a oublié l'usage des fleurs, à travers elles mange son présent, lui n'est plus que trois quatre souvenirs étranges, étrangers, il finira par les manger, avec eux jusqu'au sens du mot souvenir.

3. ouï-dire
Albin se dit j'ai tellement lu sur le sujet, j'en ai tellement entendu parler, j'ai l'impression que tout ça existe et d'y exister.

4. racontars
Tout raconté par ceux à qui on l'a un jour raconté, eux-mêmes partie intégrante des cancans propagés par ces ombres esquissées par les commérages, dans les racontars mille raconteurs se construisent sur des mots, défaits par eux, leur absence.

5. éléments
Le passé : du vent.
Le présent : du sable.
Le futur un château de sable étayé par le vent.

6. du vécu bordel
Le présent ne semble jamais plus réel que lorsqu'on y évoque des souvenirs.

7. cycle
Albin se dit chacun son tour un jour il racontera tout ça à ses enfants.

8. définitions
Le réel : commérages et qu'en-dira-t-on.
Le monde ou l'idée qu'on s'en fait.
Le concret : de l'abstrait rendu familier par l'usage.

9. da capo
Dans le poste un instant la jeune femme le distrait mais rassembler figue et pissenlit, semeuse, akènes épars, ingrédients dispersés, Albin n'oublie pas, il n'oublie pas le dictionnaire, à la fois matériaux et ciment, étoffe et liant, Livre par excellence de la rumeur.

lundi 4 janvier 2010

796. on the road


C'est reparti, le verglas, la fin programmée des temps, l'akène, le gui, l'an neuf, la constante de Planck notée h, rien n'y fait rien n'entame Albin il a repris le cours des conférences, une manière imprécise de parler, manie plus que manière, reprendre et cours ne sont pas les bons mots il verra ça plus tard en attendant donne à son cycle un tour nouveau, creuser profond plus que jamais, piocher dans l'ardu, fini le temps de la pédagogie comprenne qui peut, l'essentiel est ailleurs, que ce qu'il a à dire soit dit, noté, écrit, enregistré, il s'en trouvera bien un, à l'avenir, pour tirer la bouteille hors du marais livide de l'utile, ainsi n'hésite-t-il plus à faire dans la formule, X = ½ lin [puz y + puz(-y) ß], la métaphore, la suette au gré migrant du vair, l'allitération, les chiottes à chat qui chuintent, la prophétie, l'allégorie, la bouderie, la litote, l'afféterie, il en passe, alternant le clair et l'abstrus, l'emphase avec la crudité et sans moisir la peau masque l'idée, la caresse le bonheur, trou du cul succède à corps noir qui à holisme avait damé le pion et lui sous les vivats dubitatif, l'index inquiet gratte le poil sur la grimace, un peu, un peu dessous, Albin perplexe à l'assistance enfin calmée, si vous m'avez compris c'est que je n'ai pas été clair.

dimanche 3 janvier 2010

795. albin dimanche


pioche dominicale

Je respecte beaucoup le réel, mais je n'y ai jamais cru.

V.N.

samedi 2 janvier 2010

794. just an illusion


Il mettait en garde, il le suggérait c'est tout, ni plus ni moins et ne prenait personne en traître, il ne faisait que suggérer pour la raison qu'on ne pouvait l'appréhender directement, jamais, on croyait l'approcher parfois et pas longtemps, par des images seulement par des images et encore, quand on savait se rendre disponible et les images il les faisait venir par dizaines par centaines par milliers entre ses doigts et il les proposait à vous, à moi, à tous mais attention il prévenait, l'autre univers qu'il suggérait et qu'on ne verrait pas était le vrai, pas ces images, surtout pas ces images ne pas s'y laisser prendre qu'il disait et ne cessait de répéter que les images en aucun cas fallait pas croire ne l'étaient, pas du tout, elles en donnaient juste une idée sans le trahir mais sans lui ressembler et surtout nib de nib aucun autre moyen pour avoir l'impression de plus ou moins le fréquenter l'apprivoiser l'autre univers voilà ce qu'il disait et les images il les montrait les faisait admirer voir et revoir, toucher, colorées, surprenantes, émouvantes et profondes, effroyablement belles, des images qui passaient allaient venaient disparaissaient apparaissaient entre ses mains agiles d'illusionniste et il les proposait à vous, à moi, à tous, mais attention il prévenait, l'autre univers qu'il suggérait et qu'on ne verrait pas était le vrai, pas ces images, surtout pas ces images, ne pas s'y laisser prendre, d'ailleurs comment s'y serait-on trompé l'autre univers il l'appelait Réel alors vous voyez, qu'il disait, un sacré numéro qu'il faisait, chacun ébahi croyant ferme au Réel que personne ne voyait et pas un, pas un pour accorder crédit aux images que chacun tenait, palpait, par celle-là dans un sourire ravi, par celle-ci dans une larme happé, par elles captivé, chopé, pris.

vendredi 1 janvier 2010

793. pour en finir avec le dictionnaire (7)


pioche du 1° de l'an

Les propriétés médicinales du pissenlit ne sont plus à prouver : dépurative, diurétique, laxative, cholagogue.

jeudi 31 décembre 2009

792. pour en finir avec le dictionnaire (6)


pioche de réveillon

Le pissenlit dent de lion a environ 150 cousins difficiles à différencier.

La tige du pissenlit ne porte pas une fleur mais des centaines rassemblées dans le réceptacle. Le pissenlit fait partie de la famille des composées.

Le pissenlit est une plante hermaphrodite, elle a des organes mâles et femelles. Grâce à eux et à ses multiples fleurs dans son réceptacle, un insecte peut lui permettre de s'autoféconder et ainsi de se multiplier.

La maturation des sexes dans une fleur de type ligulée est décalée, l'organe mâle est mûr avant la femelle.

Le pollen est recueilli par les insectes butineurs, à l'extrémité des étamines, qui arrivent à maturité avant le pistil. Ensuite le stigmate s'écarte pour laisser la ligulée devenir femelle et être fécondée par le pollen d'une autre ligulée ou même d'un autre pied de pissenlit.

La fécondation donne naissance à un fruit, l'akène, muni du fameux parachute duveteux. Ces fruits sont disséminés par le vent, sur des distances pouvant atteindre 10 km.

mercredi 30 décembre 2009

791. pour en finir avec le dictionnaire (5)


Le premier logo (1876) représente une dent-de-lion (nom usuel du pissenlit à cause de la découpure de ses feuilles) dont les graines s’éparpillent au vent, et qui est ornée de la devise Je sème à tout vent, due à Émile Reiber, architecte et décorateur français (1826-1893).

Le passage du pissenlit à la semeuse qui souffle sur les aigrettes du pissenlit est une idée de Georges Moreau, cofondateur de Larousse (1853-1934).

Partant du croquis dessiné par Moreau, Eugène Grasset, peintre, graveur et illustrateur d’origine suisse (1845-1917), réalise en 1890 la première semeuse.

Par la suite la semeuse se décline en de nombreuses versions dont celle qui fascinera l'enfant.

mardi 29 décembre 2009

790. pour en finir avec le dictionnaire (4)


Dans le dictionnaire, on n'en a pas encore parlé, sur la page du titre une illustration, elle fascine l'enfant.

Un cercle. Qui déborde du cercle en haut et en bas, un L. En majuscule noire tarabiscotée.
À l'intérieur du cercle une jeune femme, cheveux longs, fichu noir sur l'épaule.
Sous le fichu une robe claire froncée nouée à la taille.

La jeune femme tient dans sa main gauche une tige ornée d'une feuille. Au bout de la tige, au niveau du visage, plus précisément au niveau de la bouche, une boule entamée au quart.

Vraisemblablement la jeune femme a soufflé dessus, des graines tout autour volettent, en forme de petits clous.
Le dessin s'inscrit totalement dans le cercle.

À l'extérieur du cercle et qui le suit à partir du sommet du L jusqu'à son extrémité basse, à droite, cette phrase,

JE SÈME À TOUT VENT

sans point au bout.

lundi 28 décembre 2009

789. pour en finir avec le dictionnaire (3)


Dictionnaire et trinité, langage et réalité,
Laisser mûrir tout ça et la figue du poète

La figue, faux fruit ou comme une coupe de fruits,
ballotin rempli d'espèces de graines,
les akènes,
véritables fruits de la figue,
ballotin qui devient charnu à maturité
et sa pulpe juteuse,
fondante,
ses petits fruits à l'intérieur
petits akènes croquants
craquent alors sous la dent.

akène : du grec khainein, "s'ouvrir", fruit sec, indéhiscent*, formé d'un carpelle qui ne contient qu'une graine et ne s'ouvre pas à maturité.

*indéhiscent : qui ne s'ouvre pas spontanément, à l'époque de la maturité.

Laisser tout ça mûrir et du poète
la figue

la figue et ses akènes.

dimanche 27 décembre 2009

788. albin dimanche


pioche dominicale

DESTRUCTIONS ?

On n'aperçoit pas du tout les mêmes choses selon qu'on élargit sa vision à l'horizon qui s'étend, immense et immobile, au-delà de nous ; ou selon qu'on aiguise son regard sur l'image qui passe, minuscule et mouvante, toute proche de nous. L'image est lucciola des intermittences passagères, l'horizon baigne dans la luce des états définitifs, temps arrêtés du totalitarisme ou temps terminés du Jugement dernier. Voir l'horizon, l'au-delà, c'est ne pas voir les images qui viennent nous effleurer. Les petites lucioles donnent forme et lueur à notre fragile immanence, les "féroces projecteurs" de la grande lumière dévorent toute forme et toute lueur -toute différence- dans la transcendance des fins dernières. Accorder son attention exclusive à l'horizon, c'est se rendre incapable de regarder la moindre image.
G. D-H.

samedi 26 décembre 2009

787. trêve et temps de pause


bientôt minuit et les pieds nus, le fleuve en bas qui s'éparpille, sous la lassitude un désir intact perce et pique, un vif instant prend, pris, pas pris, prise, prendre la vie comme on rate le coche, dans un sourire Albin.

vendredi 25 décembre 2009

786. trêve


pioche de noël

Il serait criminel et stupide de mettre des lucioles sous un projecteur en croyant les mieux observer. Comme il ne sert à rien de les étudier en les ayant tuées au préalable, épinglées sur une table d'entomologiste ou regardées comme de très vieilles choses saisies dans l'ambre depuis des millions d'années. Pour savoir les lucioles il faut les voir dans le présent de leur survivance : il faut les voir danser vivantes au cœur de la nuit, cette nuit fût-elle balayée par quelques féroces projecteurs. Et même si c'est pour peu de temps. Et même si c'est peu de chose à voir : il faut environ cinq mille lucioles pour produire une lumière équivalente à celle d'une unique bougie. Comme il y a une littérature mineure -ainsi que l'ont bien montré Gilles Deleuze et Félix Guattari à propos de Kafka-, il y aurait une lumière mineure possédant les mêmes caractères philosophiques (... ... ...)
G. D-H.

jeudi 24 décembre 2009

785. sans trêve


veille et petite pioche

Avec une doublure de canari, ils essayaient de me tromper. Mais moi, sans trêve, je disais : "Corbeau ! Corbeau !" Ils se sont lassés.

mercredi 23 décembre 2009

784. métamorphose et identité


La métamorphose pour Albin est
un
mode d'existence

comme une
manière de résistance

à l'identité.

mardi 22 décembre 2009

783. pour en finir avec le dictionnaire (2)


Des billets passés sur le dictionnaire (à partir du billet 729)

A. commencer par se remémorer les points essentiels :

1. le point de départ, bien sûr, la figue, le poète dit bien la connaître alors qu'il ne saurait pas trop ce qu'est la poésie, cette figue dont il fait un poème.

2. la trinité : le Père, l'Enfant, le Dictionnaire.

3. où la paternité ?

4. Le dictionnaire objet clos par convention en réalité indéterminé, à la fois sans limites et borné.

5. Les langages.

6. Le rapport entre le dictionnaire et un réel défini comme instant-lieu où un langage colle à la chose.

B. laisser mûrir tout ça -sécher, pareil que la figue du poète, cette figue sèche exemple d'une de nos savoureuses difficultés d'ici-bas, et désireux comme lui de la sortir du monde des paroles pour la rejeter dans le paradis de l'existence ?


Ou à l'instar de la grand-mère que le dessèchement désespère.

lundi 21 décembre 2009

782. pour en finir avec le dictionnaire (1)


façon de parler rien de plus rien d’autre pour rappeler qu’Albin n’oublie pas n’oublie rien des billets passés sur le dictionnaire (Voir Lexique) billets qui attendent comme une manière de conclusion d’où le pour en finir avec le dictionnaire manière de dire parce que pour en finir avec le lexique (Voir Vocabulaire) en finir vraiment il faut être fortiche pas qu’un peu drôlement fortiche autant vouloir venir à bout d’Abou Dabi qui date quand même du troisième millénaire avant nous c'est pas rien quand même autant vouloir plier les gaules et l’origine qui nous ramène toujours à l’ignorance la nôtre toujours actuelle depuis toujours le dictionnaire qui éclaire un mot du vocabulaire (Voir Terminologie) par un autre et ce sans fin sans fond parce que les mots eux-mêmes sont sans fin sont sans fond et qu’on a beau s’entendre pile poil sur le sens qu'on voudra la terminologie (Voir Lexicographie) on n’en finit jamais de n'y rien comprendre de l’ouvrir de le feuilleter ballotté que nous sommes d’un élément à l’autre du glossaire de la lexicographie (Voir Dictionnaire) de synonyme en équivalent immanquablement renvoyé (voire-voir réexpédié) au mystère ce mot dont on recherche éperdument la chair dans les feuillets du dictionnaire (Voir Lexique) alors une conclusion alors pour en finir avec le dictionnaire façon de parler rien de plus (Voir Rien d’autre)


dimanche 20 décembre 2009

781. albin dimanche


pioche dominicale

Pour Thalès (VI° siècle avant notre ère), le milieu universel est constitué d'eau, le Monde est une bulle d'air hémisphérique flottant au sein de cette masse liquide infinie.

(... ... ...)

Or l'Univers n'a pas de bord. L'espace et le temps ne sont pas des réceptacles vides dans lesquels le monde peut être placé, à la façon d'un objet. Pour reprendre l'heureuse expression de Nicolas de Cuse (Traité de la docte ignorance, 1440) : "La fabrique du monde a son centre partout et sa circonférence nulle part."

(... ... ...)

La tendance à la géométrisation radicale de l'espace et à son infinitisation, amorcée par Bruno, More et Descartes, est consommée par Isaac Newton (1642-1727). Le savant anglais explique la mécanique céleste en termes de l'attraction universelle, autrement dit la gravitation, désormais considérée comme responsable de la structuration du cosmos.

(... ... ...)

La relativité générale (XX° siècle) bouleverse les concepts même de temps et d'espace. L'univers n'est plus une structure d'espace (euclidien) immuable, dans laquelle se déroulent des phénomènes mus par des forces ; il devient un espace-temps "déformable" , ce que les mathématiciens nomment une variété à quatre dimensions (trois pour l'espace, une pour le temps) déformée par la présence de matière.

(... ... ...)

(à suivre)

après ça on dira qu'il ne change pas le monde...

samedi 19 décembre 2009

780. adhésion


ADHÉRENT : qui adhère, tient fortement à autre chose.

ADHÉSIF : Qui reste adhérent, collé après application. V. Collant.

ADHÉRER : Tenir fortement par un contact étroit de la totalité ou la plus grande partie de la surface. V. Coller.

COLLER : Adhérer, attacher.
Fig. Coller à : s'adapter étroitement. Coller à la pensée de qqn. Mot qui colle à une idée. Coller à la peau.

Pour une bonne adhérence il faut deux éléments jointifs et pas de jeu.

Ce qui ne colle pas

ce n'est pas ce qu'il dit
mais la manière
pas son émotion
mais ce chant qui l'exprime
pas sa joie pas son impatience
plutôt ces gestes pour les dire
ce n'est pas son crime qui est misérable
seulement les pauvres mots dont il l'attife.

Le réel c'est quand un langage colle avec la chose.

vendredi 18 décembre 2009

779. double et identité (2)


Désormais on voit rarement Albin à son balcon, comme autrefois : sept étages divisés par deux la vue n’est plus aussi belle.


Deux pour chacun Albin dans l'un se terre se recroqueville dans l'autre de ses deux coins se dolente, réduits de moitié les volumes du septième douillet ne sont plus si avantageux.


Neuf cent quarante-six mille trois cent vingt deux pour lui, neuf cent quarante-six mille trois cent vingt-trois pour Albin, d'une part -c'est un critère qui en vaut un autre-, il était le premier occupant du septième douillet, par ailleurs, l'un des traits spécifiques à l'espèce commensale de l'homme est immanquablement d'aller en nombre impair.


Fin de semaine morose à partager l'espace avec son double, et les cafards.

jeudi 17 décembre 2009

778. détail (notes sur le)


préambule

Astérisque et note en bas de page ou italique ou parenthèse et même tirets n’est-ce pas lourdement insister inélégant d’une manière ou d’une autre et l’indélicatesse, voir en Albin lecteur un non-lecteur incapable de saisir l’essentiel qui chacun sait est dans le détail, pas ailleurs, pense Albin qui est tout à trac son propre et son premier sinon son seul lecteur, le meilleur sans conteste, tellement pointu qu’en se lisant il découvre un Albin gribouilleur inélégant lourd et indélicat un Albin gribouilleur il faut le reconnaître qui aurait bien du mal à faire autrement mettre un détail en évidence comment y échapperait-il, positivement inévitable, sans détail pas de tout, c'est ce qu'on dit n'est-ce pas mais encore, plus important ceci, le tout carrément est dans le détail, plonger dans le détail c’est accéder au tout qui mène instantanément au détail qui conduit subito au tout ainsi de suite.


détail proprement dit

Albin dans le billet 777 reprend l’expression familière On ne se refait pas, lui donnant son sens habituel, On ne change pas, accident du hasard on est quoi que l’on fasse toujours le même, aussitôt après affirme qu'On ne se refait pas signifie tout autant On ne se refait pas à l’identique, autrement dit quoi que l’on fasse on ne se répète pas, jamais, quoi que l’on fasse on ne se refait pas identique à celui qu’on était l’instant d'avant, On ne se refait pas ou On se défait c'est pareil, idem, équivalent, On se défait, on défait ce soi éphémère et cela sans fin, sans terme et sans finalité, On se défait On se déprend de soi, On ne se refait pas ou On change tout le temps, en permanence un autre, ce qui revient à dire qu’On ne se refait pas exprime à la fois une chose et son contraire exactement.


conclusion provisoire

Il signifie une chose et son contraire, le détail veut tout dire, le détail dit tout, ce même tout qui dit le détail.

Entre détail et tout, tout et détail, entre Albin gribouilleur et Albin lecteur, Albin lecteur et Albin gribouilleur ces va et vient, ces allers et retours incessants, mise en abyme sans fin du tout au détail du détail au tout qui à rien pas plus qu'elle ne rime n’aboutit.

mercredi 16 décembre 2009

777. identité : billet-débat en 22 entrées


1. artistique : carré noir sur fond blanc.


2. mathématique : (a + b)2 = a2 + 2ab + b2


3. baveuse : le crapaud l'encre Albin le chien l’omelette l’escargot les lettres et


4. littéraire 1. : fin du sujet.


5. numérique : avatar informatique.


6. proverbiale 1. : on ne se refait pas = on ne change pas (quoi qu’on fasse identique à soi-même).


7. proverbiale 2. : on ne se refait pas = on se défait (se faire ou se défaire c’est toujours s’identifier).


8. philosophique 1. : on ne se refait pas = on ne se refait pas à l’identique.


9. philosophique 2. : donc on ne se refait pas = on change tout le temps.


10. différentielle : le Francilien franchement franc, le Frontalier frontalement frondeur ; un Maritime plus incertain,du vague à l’âme.


11. littéraire 2. : fin de l’histoire.


12. éthérée : celle qui de la colombe celle que le crapaud a beau faire la 3 actions Ariel ® nouvelle formule plus compacte.


13. catégorique : ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude. (Nietzsche)


14. triptyque : incertitude mémoire identitude.


15. historique : dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a toujours quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur : la possibilité d'oublier, ou pour dire en termes plus savants, la faculté de se sentir pour

un temps en dehors de l'histoire. L'homme qui est incapable de s'asseoir au seuil de l'instant en oubliant tous les évènements passés, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur se dresser un instant tout debout comme une victoire, ne saura jamais ce qu'est un bonheur et ce qui est pareil ne fera jamais rien pour donner du bonheur aux autres. (Nietzsche)


16. électorale : fin de la permanence.


17. anecdotique : c’est l’histoire d’un peuple...


18. poétique : nous sont des autres.


19. mythique : en un temps hors du temps...


20. analogique : l’identité c’est comme rien d’autre c'est comme rien du tout.


21. olfactive : il émanait d'elle un âcre relent d'identité.


22. abstraite : carré blanc sur fond blanc.


mardi 15 décembre 2009

776. double et identité (1)


Albin était heureux il s’attendait au pire.

Et voilà que.


Albin poussière Albin cafard Albin mille ans mille métamorphoses Albin romancier Albin personnage et l’aléatoire une identité chaotique une promiscuité vaille que vaille Albin était multiple.


Il n’est plus seul.


Dans sa vie un autre. Un autre dans son corps et un si petit corps.

Y aura-t-il de la place pour tout le monde ?


Albin se coupe en deux se plie en quatre se décompose. Se fractionne se fragmente se divise se partage Albin se casse. S’éparpille se disperse se morcelle, Albin se brise.


Le cœur en deux fendu Albin solitaire sans miroir maintenant contraint de compter, tout partager : existence, appartement coquet, cœur image et reflet, grande et petite aiguille, son temps précieux son cher espace et le restant.


Tout ça pour qui ? Il le connaît à peine, un second couteau, une doublure qui tire la couverture à lui, en Albin deux Albin cohabitent. Tout ça pour son double.


Il s’attendait au pire le double est arrivé.


lundi 14 décembre 2009

775. lundi en vrac


singleton
Il était en ceci singulier qu'il parlait comme tout le monde c'est à dire comme personne, comme jamais personne ne parlait parlerait eut parlé, nulle part.

caractère
Mordicus il s'y tient et le cap sans dévier. Pressé de se rassurer, se rendre sûr, enfin, une fois pour toutes, des premiers clichés premiers préjugés qui passaient par là qui passaient par lui il s'est fait une solide vérité, définitive, inaltérable. Bien décidé à ne pas s'en laisser conter une deuxième fois.
Son pas lourd on l'entend de loin. De lui on dit qu'il a du caractère, droit dans ses gros sabots.

pioche
Albin ne comble pas les vides il creuse
pour évider pas pour trouver
pioche dans la mémoire pour la pulvériser

dimanche 13 décembre 2009

773-774. albin samedimanche


pioche de fin de semaine

Ce qui revient à dire ceci : je vois maintenant que si ces expressions n'avaient pas de sens, ce n'est pas parce que les expressions que j'avais trouvées n'étaient pas correctes, mais parce que leur essence même était de ne pas avoir de sens. En effet tout ce à quoi je voulais arriver avec elles, c'était d'aller au-delà du monde, c'est à dire au-delà du langage signifiant. Tout ce à quoi je tendais -et, je crois, ce à quoi tendent tous les hommes qui ont une fois essayé d'écrire ou de parler sur l'éthique ou la religion- c'était d'affronter les bornes du langage.

vendredi 11 décembre 2009

772. trois autres ou trois de mieux ?


fantasme

Tout a été dit, tout reste à dire. En nommant le mot dissipe et en même temps secrète le mystère.

Le mystère, substance et du réel et du langage, comme le linceul est celle du fantôme, nous dans de beaux draps.


bifide

Tour à tour le discours du réel déconcerte et réjouit. La chose est la meilleure et la pire des langues.


rien moins que ou rien de moins que

Veiller à tenir sa langue. Les problèmes existentiels ne sont rien moins que des questions langagières.



jeudi 10 décembre 2009

771. trois aphorismes brillants


cause toujours

En paroles on pourrait s'y croire, parfois. Se croire présent, jouer à. Dans l’écriture on le sait bien qu'on n’y est pour rien ni pour personne.


entre-deux

Parole frontalière, toujours. Entre souvenir et oubli, mémoire et élan, innocence et nostalgie, création et récréation.

Entre deux silences, deux bâillements.


concession perpétuelle

Le réel accueillant pour les mots autant qu'un cimetière.


mercredi 9 décembre 2009

770. similitudes et identités


similitude 1.

...bonjour Albin, ça va Albin, pardon madame, bien cuite ? au revoir monsieur...

Albin traverse la vie comme il remonte sa rue vers la boulangerie.

similitudes 2. (rayer les mentions inutiles)


Albin traverse le temps comme on traverse (la route-un doute-une déroute)


Albin vit sa vie comme on (prend-rate-attend) le bus.


similitudes 3.


Albin

a) prend le temps comme on prend le train.

b) tend le pain comme on pend le thym.

c) rompt le pain comme on casse la croûte.


Prend un bain comme on vide la soute, la tangente comme on prend le large.


lève le camp comme on trace sa route

s'efface comme on se barre

comme on rature se rate


c'est rare


mardi 8 décembre 2009

769. rubrique et identité


La rubrique, Radio Variétés 103 points FM ne la néglige pas pour autant. Tuyaux, bons plans et les meilleures adresses, célébrités, écrivains et acteurs, sportifs, politiques, toutes catégories tous bords confondus, à qui plus rompus, drôles, intelligents, témoignages et récits, connaissances en tous genres, une source inépuisable.


Plutôt sceptique, au début, il revoit son jugement, Albin. Une vraie mine la rubrique. On peut dire qu’elle révèle, qu’elle dévoile. Elle lui en fait découvrir. Pour sûr elle lui en fait voir.

On peut dire qu’elle le nourrit.


Albin. L’inutile est sa raison d’être. Son essence même. L’inutile le constitue il le brûle comme il soupire. Comme il murmure comme il susurre. Comme il zézaie.

Comme il bafouille comme il marmonne.

Comme il bégaie.

Comme il griffonne.

Toujours en manque jamais rassasié.


Dans la rubrique il a de quoi.


lundi 7 décembre 2009

768. identité à fréquence modulée


Tous les jours Albin les entend changer. Radio Variétés 103 points FM sans blabla ou presque envoyait la zique et puis 1. se met à la rubrique, on s’en souvient peut-être, 2. voilà-t-il pas qu’elle prend goût à l’info, un bulletin toutes les demi-heures : dictateur renversé, despote encensé, despote déquillé, dictateur acclamé...


Pour rester les mêmes être ce qu’ils sont note Albin sur son moleskine le monde et Radio Variétés ne peuvent demeurer en l’état. Un tyran pour un autre, une rengaine par une autre : le secret de la pérennité.


Vertus de la modulation Paris sera toujours Paris l'amour toujours l'amour le monde toujours le monde et RV RV. Tous les jours avec eux Albin entend changer et que ça dure.


dimanche 6 décembre 2009

767. albin dimanche

pioche dominicale

La longue durée de l'identité nationale

Que conclure de de panorama des études du folklore sous Vichy ? La mythologie de l'identité nationale y atteint son comble : d'abord, c'est le paysan et l'artisan qui sont uniquement considérés comme d'authentiques Français. On peut donc lire en négatif la longue liste de ceux qui ne sont pas de "vrais Français" : naturalisés ou immigrés de fraîche date, "indigènes" des colonies, intellectuels cosmopolites, ouvriers citadins, personnes de religion non chrétienne, etc. Ensuite, ce qui fait leur "francité", c'est la "race". Le curseur s'est déplacé par rapport à la notion élaborée par les régionalistes de la fin du XIX° siècle. Ici, la race résulte de la combinaison des trois différents sens du mot : le sens historique, le sens anthropologique, le sens folklorique datant des années 1880. La race française apparaît en effet comme un agrégat de significations : le Français est d'origine gauloise et chrétienne, il est façonné par le climat, le sol et le sang, il possède des attributs "naturels" -ses traits physiques, mais aussi sa langue, ses traditions (faites de savoirs instinctifs opposés à la pensée abstraite), son "caractère" psychologique. Le folklore sous Vichy procède donc à une sorte de synthèse de la race et révèle l'intrication de deux pans du mythe de l'identité nationale, race et tradition.
L'époque favorise l'exacerbation de l'idée de la "race française" et le schéma général reste le même que dans les années 1880.

Régis Meyran, Le mythe de l'identité nationale, Pery International 2009.

samedi 5 décembre 2009

766. dictionnaire et identité



Littré

(...)
Terme de métaphysique. Identité absolue, doctrine philosophique qui confond toutes les existences en une seule, le sujet et l'objet.
(...)
3. Terme de grammaire. Rapport d'identité, celui de deux ou plusieurs mots qui représentent le même être, comme : le temps est beau, où ces quatre mots ne signifient que le temps et ses qualités ; c'est le rapport d'identité qui sert de fondement à la concordance des mots.
(...)
5. Conscience qu'une personne a d'elle-même. Il (Locke) est le premier, ce me semble, qui ait montré qu'on ne connaît aucun axiome avant d'avoir connu les vérités particulières ; il est le premier qui ait fait voir ce que c'est que l'identité et ce que c'est que d'être le même personne, le même soi, Volt. Loi natur. note n. C'est la mémoire qui fait votre identité, si vous avez perdu la mémoire, comment serez-vous le même homme ? id. Dict. phil. Résurrection. La mémoire étend le sentiment de l'identité sur tous les moments de son existence (de l'individu), JJ Rousseau Em. II./ Identité personnelle, persistance de la conscience de soi qu'a un individu.

vendredi 4 décembre 2009

765. la bandaison, papa


Un fils ne vient au monde que pour guérir son père. Devenir son père.

Voir dans l'œil du voisin le reflet de sa poutre. Sa poutre en réduction. Sa propre poutre aux airs de fétu.

Concilier l'impossible mouvement, l'illusoire immobilité.
L'illusoire mouvement, l'impossible immobilité.

jeudi 3 décembre 2009

764. lecture et métamorphose


Un chat gris traverse ? Albin déjà sur le trottoir d'en face à se lisser le poil, un poil noir de jais, la nuit tombe Albin crac la jambe, première feuille morte il se disperse, s'envole et tourbillonne, combien de fois n'a-t-on pas dit redit le tropisme, ici, la propension d'Albin à la métamorphose avec toutefois un truc, un petit quelque chose, manière de supplément.

À la relecture du billet d'hier Albin est un fils, un fils là pour guérir le père uniquement, plus ou moins colmater les brèches, les ratés, les angles arrondir, le pot décalaminer mais n'exagérons rien, essayer, seulement essayer, commencer, déjà pas si mal, commencer ou continuer, le père le fit pour son père à lui le propre fils d'Albin s'y collera, son propre fils poursuivra l'œuvre inachevé, son propre fils poursuivra l'œuvre inachevé, son propre fils poursuivra l'œuvre inachevé son propre fils...

S'il est fils il est forcément père, pour les guérir ne faut-il pas sentir, soi-même éprouver la soif d'idéal, la constipation.
Il est père il est fils, la trinité on n'y coupe pas il est ce troisième œil qui voit le père le fils la poutre et la paille. Il est la poutre il est la paille il est l'œil du voisin.

À la relecture du billet d'hier Albin est le billet du jour.

mercredi 2 décembre 2009

763. le dictionnaire (8)


1. Du point de vue du père un bloc inaltérable inamovible tout ce qu'on voudra de ce tonneau. Place attitrée sur l'étagère. Objet résolument fini. La perfection dans l'achèvement. L'immobilité.

2. Du point de vue du fils des mots qui vont qui viennent. Étage-rez-de-chaussée et retour n'arrête pas de bouger. Jamais pareil toujours le même. La réalité dans le changement. Le mouvement.


Rapport du père au dictionnaire : s'arrimer à l'immuable.

Du fils au même : se couler dans le courant.


Des mots qui vont d'autres qui viennent jamais pareil toujours le même le fils voit dans le dictionnaire un principe favorable aux circonvolutions, celles du cerveau celles du côlon: circulation.
Se dit qu'un fils n'est là que pour soigner son père, son vieux père encore vif un peu, déjà mort, le guérir de sa quête de pureté, son rêve d'idéal et la constipation, comment ça va papa ?

mardi 1 décembre 2009

762. fonction de l'adjectif


L'observateur parle de violence gratuite. En position d'observateur de sa propre action l'acteur avance une ou cent raisons qui la justifient, revendique une violence juste.
Il n'y a de violence gratuite ou juste que pour l'observateur.
L'adjectif est l'expression de la subjectivité de l'observateur.
Qu'en est-il du substantif ?

Ce point fera l'objet de la deuxième causerie fait Albin et salue, s'éclipse, après la longue interruption il a repris le cycle de ses conférences, repris mais mollo, tout en douceur au début, flapi direction les coulisses, la loge coquette, portraits au mur, sur la table trousse de maquillage, bouteille de cahors, un verre qu'Albin remplit et cul sec siffle.

Dans la salle le public à tout rompre, applaudissements, standing ovation, une autre, une autre, ça n'arrête pas.

Albin cède, fait mine de céder. Revient sur scène. Improvise, fait mine d'improviser (bien sûr il a prévu la tournure et le bis) :

Nietzsche est fils de pasteur
pour autant
Pasteur est-il son père...

Nouveaux applaudissements. D'un geste Albin les calme, dubitatif ajoute :
...ou son fils ?

Se retire sous les bravos. Ininterrompus mais pour rien, les hourras. Ne pas compter sur son retour Albin a programmé d'en rester là.

(Sage, prévoyant, cossard, quel adjectif exprime au mieux sa subjectivité ?)

lundi 30 novembre 2009

761. posologie 2


Bob et Albin comme tous les matins prennent leur dose, une par jour, Bob parce qu'il vit dit-il au jour le jour, pas davantage, avale en philosophant, Albin par pur respect de la notice.

Et par commodité. Bob vivrait au jour le jour ? Pourquoi pas à la nanoseconde la nanoseconde. La dose quotidienne consiste en un cacheton supposons. Sécable admettons. En faire un milliard de parts, absorber chacune d'elles dans la fraction de temps correspondante, pour ce faire partager la seconde en trois milliardièmes, un pour couper, un pour avaler, un pour partager la seconde et ne pas traîner, ne rien faire d'autre que partager, couper, avaler, partager couper, avaler, Albin lève le bras, dans sa main un verre plein, sur sa langue un comprimé.

dimanche 29 novembre 2009

760. albin dimanche


pioche dominicale

Lorsque Dostoïevski découvrit le monstrueux tableau Le Christ mort de Holbein, son monde s'écroula. Jamais personne n'avait ainsi osé montrer à la chrétienté son Messie réduit à l'état de cadavre repoussant, les yeux révulsés, la bouche ouverte, les membres sans vie, violacés, raides, étendu sur deux mètres de long, inerte, sans force, abandonné de Dieu, sans que quelconque ne le soutienne, un corps de profil sur une civière, solitaire, le visage tourné vers un espace obscur. Des années plus tard, dans L'Idiot, le prince Mychkine s'écriera devant une copie du tableau :

Ce tableau !... Ce tableau ! Mais sais-tu qu'en le regardant un croyant peut perdre la foi ?

samedi 28 novembre 2009

759. posologie


Bob et Albin comme tous les matins prennent leur dose, une par jour, Bob parce qu'il vit dit-il au jour le jour, pas davantage, avale en philosophant, Albin par pur respect de la notice.

vendredi 27 novembre 2009

758. ajout


Électronique, nanosecondes, plus on le tronçonne plus le temps passe vite.

Albin se relit, prend son crayon, ajoute :

temps décomposé = temps passé.

jeudi 26 novembre 2009

757. le dictionnaire (7)


Donc la trinité.
Le père, son langage à-peu-près
le fils n'a pas encore pris la parole
le Dictionnaire qui dit le sens, montre la voie.

Où le père, le vrai ?

ni s'épanche pourtant
pas d'affectif
Dictionnaire ou la Loi

Parole de partout et d'ailleurs, neutralité la fadeur noir sur blanc du Dictionnaire ?
Ou la passion selon le Dictionnaire :
le parti pris et son époque dans l'ordre alphabétique, l'œil, la police, la chasse, la rigueur tout ça.

Feuilleter, d'un mot d'une page à l'autre naviguer, se laisser porter
le Dictionnaire un univers où l'on entre, d'où l'on sort
à volonté
un univers à découvrir
à contempler
hors de soi comprendre.
Un objet.
Réalisme et monde de papier.

Ou bien
Le Dictionnaire un univers où l'on chavire, on n'en sort pas indemne, on n'en sort pas
un univers dans lequel il se noie
son univers

le père le dictionnaire et lui
c'est kif-kif du pareil au même
quel méli-mélo
pour lui qui n'a pas encore pris la parole.

mercredi 25 novembre 2009

756. le dictionnaire (6)


Albin note, vite fait

À première vue le dictionnaire est cet objet, circonscrit dans l’espace, dans le temps.

Qui n'en finit pas de s’y déployer, mille versions, mille glissements de sens.


Comme tout objet :

1.clos par convention, par commodité (il faut bien que l'enfant puisse le prendre dans ses petites mains, le descendre et le remonter)

2. en réalité indéterminé

sans limites et borné


Chercher un corps commun aux multiples éditions du dictionnaire.


Le même qui chaque année se renouvelle.


Penser au paracétamol


referme son calepin, rajuste son bonnet de nuit.


mardi 24 novembre 2009

755. le dictionnaire (5)


revenir au dictionnaire, revenir à la trinité :

le père qui ne sait pas très bien ce qu'est le langage et connaît le dictionnaire sur le bout des doigts.

le fils, l'enfant, du latin infans, qui ne parle pas, le fils qui du langage ne sait rien ou presque, pratique pourtant quotidiennement le dictionnaire, monte à l'étage, le prend, le descend, le remonte après usage.

le dictionnaire, lourd, compact, peu maniable, avant tout un objet.

Le père dit LE dictionnaire pour cet exemplaire usagé du Nouveau Petit Larousse Illustré 1952, 131° édition.
Il ne dit jamais le Larousse, comme on dit le Robert.

Sans doute il sait qu’il y en a d’autres, ailleurs, le sien est un objet singulier sans doute il le sait, n’empêche.

Il dit LE dictionnaire : la chose et l'Idée, l’objet sensible et l’essence même du dictionnaire ne font qu’un.


lundi 23 novembre 2009

754. pompes et ripatons


Le grandir, les talons aiguilles ? Il s'agit bien de ça ! Les hauts talons de lui sont la prolongation, du matin au soir faire tout en talons, vivre et dormir devant le miroir en talons, avant-hier il disait la même chose des cothurnes, ailleurs des tongs, des échasses, des snow-boots, là il n'y en a que pour ses trochanters, ses tarses, les ventouses n'en parlons même pas, chères petites ventouses, là-bas il ne jure que par elles, plus loin les gros sabots avec lesquels on le verra de loin il les porte aux nues, et puis les coussinets, ah les coussinets quand il se veut loup, velours, cela dit pour égratigner rien ne vaut les griffes, les nageoires quand on prétend savoir nager, il dira la même chose du céphalopodium le jour où il se sentira faiblard, ramollo, bien pratique le céphalopodium, tête et pied ne font qu’un et quand on n’a pas de jambes ou de cervelle, quand on est à côté de ses pompes.


dimanche 22 novembre 2009

753. albin dimanche grippal


pioche dominicale

Les informations suivantes sont destinées exclusivement aux professionnels de santé :

Pandemrix se présente en deux flacons :
Suspension : flacon multidose contenant l'antigène.
Émulsion : flacon multidose contenant l'adjuvant.

Avant l'administration, les deux composants doivent être mélangés.

Instructions pour le mélange et l'administration du vaccin :
1. Avant de mélanger les deux composants, l'émulsion et la suspension doivent être agitées et inspectées visuellement, afin de détecter la présence de toute particule étrangère inhabituelle et/ou altération de l'aspect physique. Si l'un ou l'autre des cas est observé, jeter le vaccin.
2. Le vaccin est mélangé en ajoutant à l'aide d'une seringue la totalité du contenu du flacon contenant l'émulsion (adjuvant) au contenu du flacon contenant la suspension (antigène).
3. Après addition de l'émulsion à la suspension, le mélange doit être bien agité. Une fois mélangé, le vaccin est une émulsion blanchâtre. En cas d'autres modifications, jeter le vaccin.
4. Le volume du flacon de Pamdemrix après mélange est de 5 ml. Le vaccin devra être administré conformément à la posologie recommandée (voir rubrique 3 "Comment est administré Pamdemrix").
5. Le flacon doit être agité avant chaque administration.
6. Chaque dose de vaccin de 0, 5 ml (dose totale) ou 0, 25 ml (demi-dose) doit être prélevée avec une seringue pour injection et administrée par voie intramusculaire. Le vaccin doit être amené à température ambiante avant l'administration.
7. Après mélange, utiliser le vaccin dans les 24 heures et conserver à une température ne dépassant pas 25° C.
Le vaccin ne doit pas être administré par voie intra-vasculaire.

Tout produit inutilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.

samedi 21 novembre 2009

752. albin minimal 2.


certitude
au gré du courant
la feuille morte

vendredi 20 novembre 2009

751. albin minimal 1.


à chaque inspiration
renouvelé
le fond d'Albin est frais


jeudi 19 novembre 2009

750. patraque et tac au tac


La même chanson chaque fois, le cerveau en bouillie le lexique en compote alors sur la semelle de ses pantoufles Damart®, dans la paume de sa main les manches de son peignoir en laine des Pyrénées et son crayon, sur son calepin, dans l'emballage du Tamiflu® Albin contraint forcé de mitonner pompes antisèches copions touilles et tartouilles, pense-couillon et dedans toute une gamme une série de mots, dictons, proverbes et citations, oui, non, pas mal, bientôt, peut-être, un tiens vaut mieux, la valeur n'attend pas, dans son état comment trouverait-il dans la botte le lieu commun ad hoc, celui qui pose son honnête homme aussi sec, tandis que là, après celui qui pose son honnête homme aussi sec il sort du tac au tac de son chapeau comme de garenne pose un lapin, le même chapeau chaque fois qu'il est malade, pas vraiment un chapeau, un bonnet plutôt, un bonnet de nuit blanc classique, deux pompons, un authentique Arthur®.

mercredi 18 novembre 2009

749. albin patraque


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mardi 17 novembre 2009

748. altermondialbiniste


Macache pour trouver mieux, cherchez toujours si ça vous chante, mieux ou pire, allez, aucun espoir d'en dégoter un plus bath, un plus moche, plus ou moins coloré, gai, cruel, grossier, noir, discret, raffiné, avenant ou tragique, attachant, bidonnant, absurde, bienveillant, esthétique, en zigzag, parallèle, éthique, hallucinant, grotesque ou confondant, plus droit, plus de travers, plus pervers, plus naïf, plus vicieux plus hypothétique, plus indifférent sympathique différent, plus cool, n'y comptez pas vous n'en aurez pas d'autre il n'y en a qu'un, il est sera aura toujours été celui qu'il est tout en n'étant jamais le même, rien qu'un, à prendre ou à laisser, unique, impossible d'ajouter, retrancher une virgule, un iota, un seul avec ses émotions ses chagrins ses curés ses bonheurs ses piafs ses maux ses putes ses tortures ses bordeaux ses miettes ses cahors ses souffrances ses humeurs voluptés injustices ses bourreaux ses crimes ses plaisirs ses toutous ses mémères ses victimes ses jouissances ses chats ses chattes ses chiures ses fientes ses colombins ses lions ses cafards ses colombes ses paix ses larmes ses margoulins ses argousins ses agneaux ses rats ses marchands ses racailles ses potlatchs ses pots aux roses au feu de vin ses poètes ses assassins ses ciels ses juges ses mers ses flics ses filles ses flops ses pschitt ses pschents ses guerres ses toiles ses marlous ses grands hommes ses garçons ses petits présidents ses révoltes ses orgies ses femmes ses ennemis ses partouzes ses famines ses baisers ses amours ses beautés ses horreurs ses merveilles ses bigotes ses vides ses cassoulets ses illusions ses petites phrases ses dieux ses désespoirs ses hautes ses basses œuvres ses trucs ses déceptions ses charmes ses libertés ses manques ses sensations ses pudeurs ses regards ses chaînes ses zèles ses péchés ses excès ses loukoums ses outrances ses fourmes ses manchegos ses munsters ses brebis Albin en redemande, tel qu'il est il lui plaît il lui fait de l'effet, et il l'aime, il l'aime entier le monde, le monde et son miroir et cet espoir dans le miroir, rêve insensé d'un moins, d'un plus bath.

lundi 16 novembre 2009

747. viralement correct


Hier a fait vacciner son calepin, son stylo le fourbit à l'hydroalcoolique, le garnit d'une recharge aseptique après quoi se lave soigneusement les mains, enfile ses gants, des gants blancs s'il vous plaît, choisit ses mots dans un champ lexical stérile à 100% subventionné idem, ses poncifs, déjà propres sur eux, par précaution les brique, par-ci un coup de lingette anti-virulente, de brosse à reluire par-là, les désinfecte au Tamiflu ® les anesthésie au zanamivir les dope à l'éloge les booste au superlatif, ne tourne plus les pages qu'avec des pincettes et coiffé d'une charlotte fluo, ses trente-six pifs chaussés de chouettes lunettes de protection multicolores modèle cœur Lolita les jours pairs, disco à paillettes les impairs, Albin précautionneux des élégances n'en est pas moins l'arbitre.

dimanche 15 novembre 2009

746. albin ouiquende


pioche dominicale

Ici a commencé pour moi ce que j'appellerai l'épanchement du songe dans la vie réelle. À dater de ce moment, tout prenait parfois un aspect double, -et cela, sans que le raisonnement manquât jamais de logique, sans que la mémoire perdît les plus légers détails de ce qui m'arrivait. Seulement mes actions, insensées en apparence, étaient soumises à ce que l'on appelle illusion, selon la raison humaine...

Cette idée m'est revenue bien des fois que dans certains moments graves de la vie, tel Esprit du monde extérieur s'incarnait tout à coup en la forme d'une personne ordinaire, et agissait ou tentait d'agir sur nous, sans que cette personne en eût la connaissance ou en gardât le souvenir.

vendredi 13 novembre 2009

745. minute papillon


Électronique, nanosecondes, plus on le tronçonne plus le temps passe vite, ailes, antennes, numéroter fissa ses abattis, pièces buccales, cerques et top, fini pour l'éphémère.

jeudi 12 novembre 2009

744. cyprinus carpio


ses nuits sans sommeil elle les passe à fouiller, fouiner, remuer, éplucher, fureter, trifouiller, creuser, tourner et retourner, fourgonner, fourrager, passer au crible au peigne fin les profondeurs et qu'est-ce qu'elle en dit qu'est-ce qu'elle en rapporte ?
que dalle

usant et abusant de son droit de réserve
motus
et bouche pas si cousue pourtant

elle pioche et pas question d'introspection mais d'intériorité, de bouffetance : elle s'en met plein la lampe, escargots, larves et crustacés, gammares, vers petits et gros, végétaux de tout poil, poissons écrevisses et moules d'eau, tout ce qui se boulotte

motus
et bouche pas si cousue pourtant
une sacrée grande gueule
la carpe

c'est pour mieux roter
mon petit loup

mercredi 11 novembre 2009

743. définitions


IDENTITÉ n.f. Convention à la carte (carte ou papiers, noir sur blanc). Ces petites notes de la main d'Albin disséminées dans le dictionnaire ou ailleurs, semées un peu partout, pages arrachées qu'il perd, retrouve, reperd, petits papiers froissés, déchirés, griffonnés, éparpillés et lui avec, papiers en vrac d'identité idem. Débat sur l'identité. Vos papiers ! (Variante : Poète, vos papiers !)Perte d'identité. Où sont passés mes p'tits papiers...

MÉTAMORPHOSE n.f. Changement de forme, de nature ou de structure, si considérable que l'être ou la chose qui en est l'objet n'est plus reconnaissable, ou, ce qui revient au même, l'est uniquement par convention. Identité d'Albin. Albin demeure fidèle à ses métamorphoses.

ANACOLUTHE n.f. Discontinuité dans la construction d'une phrase. Insulte dans la bouche du capitaine Haddock il pourrait l'adresser à Albin qui de sujet dans la première proposition se retrouve complément dans la seconde. Se métamorphosant plus vite que son ombre, allez suivre Albin du début à la fin de la phrase et son identité.

mardi 10 novembre 2009

742. retour au dictionnaire


des chiffres et des lettres
Les mots on leur fait dire ce qu'on veut.

genèse et dictionnaire
Au Commencement Dieu, puis le Ciel, la Terre et la Verdure, les Arbres immédiatement suivis des Luminaires, des Oiseaux, des Poissons, des Bestiaux, de l'Homme, de la Femme enfin,
ou plutôt l'Arbre (p. 94) et successivement les Bestiaux (p. 178), le Ciel (p. 314), le Commencement (p. 342), Dieu (p. 538), la Femme (p. 768), l'Homme (p. 934) qui a changé de position, derrière elle maintenant, le Luminaire (p. 1138), le Poisson (p. 1472), Poisson qui entre parenthèses vient après le Fromage (p. 831) qui lui-même vient après le Dessert (p.519), la Terre (p. 1947), la Verdure (p. 2077) pour finir, quel ordre adopter, celui de la Bible, celui du Robert ?

signes et sens
Les mots nous font ce qu'ils veulent dire.

lundi 9 novembre 2009

741. retour progressif au dictionnaire


Sans plus tarder sans trop flâner revenir à ces billets de la semaine passée sur le dictionnaire.
Sans rien brusquer non plus d'où le titre.

1. Larousse Classique Illustré 1940 :
retour : action de revenir à un endroit d'où on était parti.
progressif : qui avance ; qui suit une voie d'amélioration croissante.
au : article contracté pour à le.
dictionnaire : recueil, par ordre alphabétique ou autre, des mots d'une langue, avec leur explication.

2. Nouveau Petit Larousse Illustré 1952 :
retour : action de revenir à un endroit d'où on était parti.
progressif : qui avance ; qui suit une voie d'amélioration croissante.
au : article contracté pour à le.
dictionnaire : recueil, par ordre alphabétique ou autre, des mots d'une langue, avec leur explication.

3. Petit Larousse en couleurs 1972
retour : action de revenir.
progressif : qui avance, qui se développe par degrés.
au : article contracté pour à le.
dictionnaire : recueil des mots d'une langue rangés par ordre alphabétique et suivis de leur définition ou de leur traduction dans une autre langue.

4. Petit Robert 1. 1992
retour : mouvement en arrière, déplacement vers le point de départ ou changement de direction.
progressif : qui s'effectue d'une manière régulière et continue.
au : voir À et Le
dictionnaire : recueil de mots rangés dans un ordre convenu qui donne une définition ou des informations sur les signes.

5. Le Nouveau Petit Robert 1993
retour : mouvement en arrière, déplacement vers le point de départ.
progressif : qui suit une progression, un mouvement par degrés.
au : -> À et 1. LE
dictionnaire : recueil d'unités signifiantes de la langue (mots, termes, éléments...) rangées dans un ordre convenu, qui donne des définitions, des informations sur les signes.

dimanche 8 novembre 2009

740. albin dimanche


pioche dominicale

En dehors de quelques amitiés et d'un grand nombre d'habitudes, c'était l'exercice problématique de la littérature qui faisait toute sa vie ; comme tout écrivain, il mesurait les vertus des autres à ce qu'ils réalisaient et demandait aux autres de le mesurer à ce qu'il entrevoyait ou projetait.

samedi 7 novembre 2009

739. du mou dans le bit


N'est pas exclusivement manichéen qui veut, certains jours gris propices au relâchement son univers purement binaire, Albin qui creuse Albin qui tient le pistolet, s'embarrasse s'alourdit d'une troisième composante, Albin pusillanime drôle de pistolet, où cela va-t-il s'arrêter ?

vendredi 6 novembre 2009

738. sound system


son et contrefaçon
veiller dans les billets d'Albin à trier
ne pas tout mélanger
du faux démêler le vrai
le vrai le faux d'Albin
séparer dans le tas de billets
le vrai le faux talbin

son et début d'adresse
Huns de Troyes, quatre seins, si cette ouïe neuve...

son et petit creux anacréontique
boire kas ou lait
il faut choisir
ou à tout prendre
bulles et colostrum
lingots
pour finir vesses
boum badaboum
et grosse caisse
en tous genres sons

jeudi 5 novembre 2009

737. entre les pages du dictionnaire


Pas de recueil précis essai traité, pas d'univers ronflant, juste ces petites notes, disséminées, dans le dictionnaire ou ailleurs, semées un peu partout, pages arrachées qu'il perd, retrouve, reperd, petits papiers froissés, déchirés, griffonnés, éparpillés et lui avec, papiers en vrac d'identité idem.

mercredi 4 novembre 2009

736. autoportrait au dictionnaire ouvert


Recueils traités précis essais tout ces bouquins qu'il n'a jamais écrits Albin mille ans se dit j'aurais pu je pourrais me bâtir un royaume un empire un État par avec grâce à tous ces recueils traités précis s'ils étaient s'ils avaient s'ils se concrétisaient s'ils se réalisaient et qu'il pourrait ainsi se concocter se mijoter se mitonner un monde, rien moins qu'un monde aux petits oignons, un univers commaque à sa mesure son goût son aune dans lequel cocooner cézigue, peinard au cœur tout miel d'un bureau tapissé de ses choses ses trucs ses machins chouettes à lui marquant comme un chien pisse un monde à lui, lui au chaud lui douillet dans le septième bonnard, monde achevé fini monde accompli parfait tout cuit tout chaud dans lequel lui n'aurait lui n'aurait qu'à quoi, laisser pisser, n'aurait qu'à se laisser, se laisser quoi, s'en fout l'éternité dans lequel lui n'aurait qu'à se laisser porter tassé au creux du vieux fauteuil, Albin, sur le bureau le dictionnaire ouvert, Albin sourit Albin cossard somnole, un dernier regard avant de sombrer, Albin cossard Albin bienheureux s'assoupit, un dernier regard pour ses rayonnages, d'autres ont bossé pour lui Albin sourit Albin s'abandonne, à petits tout petits ronflements réguliers ça y est, Albin dort.

mardi 3 novembre 2009

735. entre les pages du dictionnaire


Entre les pages 2048-2049 du dictionnaire ces feuillets cette ébauche et tout qui s'enchaîne, souvenirs, un début de monographie, la pêche au chalut, son déclin, la graine ailée et ce précis de botanique inabouti, lui reviennent en mémoire un brouillon de recueil, poétique et taxinomie, les premières pages d'un traité de métaphysique, divers projets d'essais divers, anthropologie, mécanique et coprologie, ethnologie, arts plastoques et tautologie, tous ces genres tous ces thèmes il y excelle, même si en fin de compte il a opté, question de temps, pour le roman, question de temps et souci d'unité, ne pas se disperser, à ces genres s'ajoute le théâtre, cette ébauche en trois actes dit ses dispositions pour la dramaturgie, Albin sourit, tend à Bob le dictionnaire ouvert, Bob lit machinalement à l'article uni, unité d'action, de lieu, de temps d'une pièce, règle des trois unités tirée d'Aristote, non pas ça l'interrompt Albin, les feuillets, Bob les parcourt, trouve là l'illustration de la règle d'Aristote, Albin se rengorge, Bob précise, un personnage qui parle à peine dans un non-lieu où le temps se traîne, nullité de lieu, d'action, de temps, Albin ne relève pas, n'entend pas, ne veut pas entendre, préfère saisir la balle au bond, à propos de temps vient de lire dans un magazine qu'on gagne trois mois de vie en un an, 1/4 de rab soit 90 jours auxquels naturellement s'ajoutent 1/4 de ces 90 jours soit 22,5 jours auxquels s'ajoutent 1/4 de ces 22, 5 jours soit 5, 625 jours auxquels s'ajoutent 1/4 de ces 5, 625 jours et ainsi de suite, sa conclusion c'est qu'au bout de compte il n'y en a pas, de bout, puisqu'on aurait toujours 1/4 de temps à vivre, 1/4 d'heure après sa mort on serait encore en vie, risque Albin et prend le dictionnaire, l'ouvre aux pages 1938-39, lit tout haut, temps : milieu indéfini où paraissent se dérouler les existences dans leur changement, les événements et les phénomènes dans leur succession, arrache les feuillets des mains de Bob, les place entre les pages 1938-39, referme le dictionnaire.
D'un geste sec.

lundi 2 novembre 2009

734. le dictionnaire (4)


le père
1. ne sait pas très bien ce qu'est le langage, connaît pourtant le dictionnaire sur le bout des doigts.
2. ne termine jamais les mots croisés de son quotidien.
3. dit LE dictionnaire pour un exemplaire usagé autant qu'inattendu du Nouveau Petit Larousse Illustré, 1952, 131° édition.


le fils
1. du langage ne sait rien ou presque, pratique pourtant quotidiennement le dictionnaire.
2. monte à l'étage, le prend, le descend, le remonte après usage.
3. attentif à l'hésitation du père sur tel mot, prêt à bondir dans l'escalier quand il dira : va me chercher LE dictionnaire.


le dictionnaire
1. un seul livre dans la maison : Larousse Illustré 52 d'origine inconnue.
2. lourd, compact, peu maniable : avant tout un objet.
3. un pavé ; dans quelle mare jeté ?

dimanche 1 novembre 2009

733. albin ouiquende


pioche n° 1.

Je viens d'écrire infinie. Je n'ai pas intercalé cet adjectif par entraînement rhétorique ; je dis qu'il n'est pas illogique de penser que le monde est infini. Le juger limité, c'est postuler qu'en quelque endroit les couloirs, les escaliers, les hexagones peuvent disparaître -ce qui est inconcevable, absurde. L'imaginer sans limites, c'est oublier que n'est point sans limites le nombre de livres possibles. Antique problème où j'insinue cette solution : la Bibliothèque est illimitée et périodique.

pioche n°2.
Car on était dans l'époque où la croyance littéraire commençait à évincer l'autre croyance, la vieille et grande, à la reléguer dans son petit moment historique et son petit espace, le règne de Tibère, les oliveraies du Jourdain, et à prétendre que c'était dans son espace à elle, les pages de roman, les bouts-rimés anacréontiques, que daignait apparaître l'universel.

vendredi 30 octobre 2009

732. entre les pages du dictionnaire


Entre les pages du dictionnaire, vieilles photos, vieux tickets de métro, de cinéma, d'entrée à Charléty et au Musée Bonnat, plus une page de calepin sur laquelle on a griffonné :


Albin reste fidèle à ses métamorphoses.


Albin, deux définitions parmi d'autres :

1. Enchevêtrement de présupposés.

2. Entrelacs de préjugés.


Quoi qu'il fasse, métamorphose, repas, prise de notes ou jogging, Albin toujours ce faisant se demande s'il pourra en venir à bout car il viendra, inévitable, le quoi qu'il n'achèvera pas ; alors, plus que finitude, plus et mieux, infinitude lui paraît définir sa condition.


jeudi 29 octobre 2009

731. le dictionnaire (3)


La figue sèche est le modèle ou l'exemple d'une de nos savoureuses difficultés d'ici-bas.

Mon but est de sortir la figue du monde des paroles et de la rejeter dans le paradis de l'existence.

J'avoue ne pas trop savoir ce qu'est la poésie
Et comment donc m'en consoler
Sinon en parlant d'une figue
Dont nous savons tous ce que c'est ?

Le poète va le poète vient
de la figue à la poésie
et vice-versa
Le poète